le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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sur l'unitarisme

sigrid_hunke_2.jpg Historienne des religions et écrivain allemande, spécialisée dans l'étude des religions, Sigrid Hunke est née le 26 avril 1913 à Kiel (un important port allemand donnant sur la Baltique). A l’université, à partir de 1934, elle fait des études de psychologie, de philosophie et de science des religions avec, entre autres les professeurs Martin Heidegger (1889-1976) et Karlfried Graf Dürckheim (1896-1988).


Le philosophe Martin Heidegger, étudiant d’Edmund Husserl et immergé dans le projet phénoménologique de son maître dont il devient l’assistant en 1916, puis prend sa succession à l’université de Fribourg en 1928. Il devient recteur de cette université de 1933 à 1934 et
adhère au Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP), dont il se serait éloigné par la suite. Voir l’article Wikipedia qui lui est consacré (lien).
K. G. Dürckheim est lui aussi un philosophe allemand initié à l'école du Zen Rinzai. A partir de 1931, il est professeur de psychologie, à Breslau puis à Kiel, mais il doit quitter l'enseignement quand il est découvert que sa grand-mère était juive. Il se reconvertit dans la diplomatie et, en 1935, il travaille pour le Ministère des affaires étrangères et effectue, au Japon, des recherches sur les fondements spirituels de l’éducation japonaise et le bouddhisme zen. En octobre 1945, il est arrêté là-bas par les Américains. Il revient en Allemagne en 1947, où il est l’un des principaux introducteurs du zen ; il conçoit, construit et aménage, à Rütte, près de Todtmoos, en Forêt-Noire, un «Centre de formation et de rencontres de psychologie existentielle» en proposant une thérapie initiatique. Voir l’article Wikipedia qui lui est consacré (lien).


Son adhésion au nazisme
Elle milite à l'Union des étudiants nationaux-socialistes allemands (NSDS) et s’inscrit le 1er mai 1937 au Parti national-socialiste (NSDAP). Elle collabore aux recherches menées par l'Ahnenerbe et donne des articles à sa revue "Germanien".


Sur Wikipedia (lien) l'Ahnenerbe, traduit par « Héritage ancestral » (ou plus exactement Ahnenerbe Forschungs und Lehrgemeinschaft, c’est-à-dire « Société pour la recherche et l'enseignement sur l'héritage ancestral »), était un institut de recherches pluridisciplinaire nazi, créé par le Reichsführer-SS Heinrich Himmler, Herman Wirth et Walther Darré le 1er juillet 1935. Intégré aux SS en janvier 1939, l'Ahnenerbe avait son siège à Munich. L'institut avait pour objet d'études « la sphère, l'esprit, les hauts faits et le patrimoine de la race indo-européenne nordique » avec comme outils la recherche archéologique, l'anthropologie raciale et l'histoire culturelle de la « race aryenne ». Son but était de prouver la validité des théories nazies sur la supériorité raciale des « Aryens ».


En 1941, elle passe son doctorat à la faculté de Philosophie de l'Université de Berlin sous la supervision du psychologue, anthropologue et islamologue Ludwig Ferdinand Clauss (1892-1974) (lien). Ce dernier était par ailleurs un des promoteurs des théories raciales que Sigrid Hunke fit siennes dans sa thèse et par la suite bien qu'avec discrétion. En 1942, elle épousa le diplomate Peter H. Schulze (qui continuera sa carrière au service de la RFA) et ensemble, ils vécurent à Tanger jusqu'en 1944.

Egérie de l’unitarisme allemand
Dans les années 1950, elle rebondit au sein de la mouvance unitarienne allemande où elle va s’imposer comme idéologue grâce à son activité d’écrivain ; en 1960 elle publie en effet deux ouvrages qui la rendront célèbre : Allahs Sonne über dem Abendland / Le Soleil d'Allah brille sur l'Occident, et Europas eigene Religion / La Vraie Religion de l'Europe. Suite à la guerre de 1967, l’Allemagne mène une politique pro-arabe et l’envoie donner des conférences aux universités arabes de Tunis, Alger, Tripoli, Alep (en Syrie). En couronnement de son engouement en faveur de l’islam, elle est nommée en 1974 membre d’honneur du « Conseil supérieur des questions islamiques » au Caire.
Elle assure durant douze ans, de 1971 à 1983, la vice-présidence de la "Deutsche Unitarier Religionsgemeinschaft" (DUR), puis s'en retrouve en 1985 la présidente honorifique.
À partir de 1986, conformément à ses aspirations d’une Europe basée sur des valeurs « païennes », elle participe régulièrement au Séminaire de Thulé, fondé par Pierre Krebs (1946-) à Kassel ; et publie dans la revue Eléments (titre complet : Éléments pour la civilisation européenne, revue trimestrielle publiée depuis 1973 par le GRECE « Nouvelle Droite).


Né en 1946 à Alger, le français Pierre Krebs fait des études de philosophie et de droit à l’université de Montpellier et de journalisme à l’École supérieure de journalisme de Paris, puis de sociologie et de science politique à la Sorbonne. Au milieu des années 1960, il a été militant du courant « national-européiste » avec Dominique Venner, en participant au Mouvement nationaliste du progrès puis en animant le Rassemblement européen de la liberté dans le Languedoc. Il a ensuite été l'un des fondateurs du GRECE (« Nouvelle Droite »), et a participé à la revue Éléments. Puis, il s’installe en Allemagne où il étudie à l'université de Göttingen, puis donne des conférences à celle de Kassel. En 1980, il fonde le Thule-Seminar (« Séminaire Thulé »), un cercle de Nouvelle Droite situé à Kassel en Allemagne dont il est toujours membre aujourd'hui.
En 1992, il a soutenu une thèse de doctorat en littérature française, portant sur « Paul Valéry face à Richard Wagner » à l'Université Paris XII. (voir l’article de Wikipedia qui lui est consacré, lien).
Dans son livre Combat pour l'essentiel (publié chez Pan-Europa, en 2002), il dénonce les fondement idéologiques du multiculturalisme et développe un contre-modèle, celui de l'hétérogénéité des peuples.


Mais cela se gâte du côté de la DUR. Comme on l’a vu, elle essaie de rebondir au sein de la Nouvelle droite. Finalement, en 1988, avec la minorité unitarienne de tendance völkisch (néo-païenne), elle fait sécession avec 200 fidèles sur 600 pour fonder l’année suivante, en 1989, la Bund Deutscher Unitarier / Ligue des unitariens allemands (BDU) avec en sous titre : Religionsgemeinschaft europäischen Geistes / Communauté religieuse pour l’esprit européen.
Elle décède le 15 juin 1999 ; au nom des unitariens qui l’ont suivi dans sa dissidence, Bernard Bühler lui rend hommage : « Sigrid Hunke est retournée à la Grande Unité de la vie et de la mort. Sa vie et son œuvre ont eu et garderont une importance », hommage que l’auteur place en référence à Maître Eckhart : « Je possède une force en mon âme, totalement et immédiatement réceptive à Dieu »

Sources :
1998, juin - Horst Junginger - Sigrid Hunke : Europe's New Religion and its Old Stereotypes ; université de Tübingen.
1999 - Hommage à Sigrid Hunke (1913-1999), par Bernhard Bühler, au nom de la « Ligue des Unitariens allemands » (Hommage paru dans Glauben und Wirken / La Foi et le Travail, juillet-août 1999), puis dans Nouvelles de Synergies européennes, n° 42, septembre-octobre de la même année, p. 15.
2014 - Encyclopédie Wikipedia : article à son nom (lien).

Vendredi 11 juillet 2014 5 11 /07 /Juil /2014 10:09
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Unitariens

1° - les races, les peuples
1935 - Schulungsbrief, Rassenseelenkunde (« Lettre de formation : psychologie de la race »), article court,
1941 - Herkunft und Wirkung fremder Vorbilder auf den deutschen Menschen (« Origine et effet des modèles étrangers sur le peuple allemand »)., Berlin,‎ 1941, 173 p. ; mémoire de philosophie dactylographié, université de Berlin.

2° - hommes et femmes
1955 - Am Anfang waren Mann und Frau : Vorbilder und Wandlungen der Geschlechterbeziehungen (« Au commencement, les hommes et les femmes : les modèles de rôle et les relations entre les sexes »), Hamm, Grote,‎ 312 p.

sigrid_hunke_allah-copie-3.jpg 3° - l’islam
1960 - Allahs Sonne über dem Abendland - Unser arabisches Erbe, Stuttgart, Deutsche Verlags-Anstalt,‎ 375 p. ; traduit en français par Solange et Georges de Lalène sous le titre « Le Soleil d'Allah brille sur l'Occident : notre héritage arabe » et publié à Paris en‎ 1963, 405 p. ; puis réédité toujours à Paris par Albin Michel, coll. « Espaces libres » (no 76),‎  en 1997, 414 p.
1976 - Kamele auf dem Kaisermantel : Deutsch-arabische Begegnungen seit Karl dem Großen (« Des chameaux sur le manteau impérial : les rencontres germano-arabes depuis Charlemagne »), Stuttgart, Deutsche Verlags-Anstalt,‎ n°19
1990 - Allah ist ganz anders : Enthüllung von 1001 Vorurteilen über die Araber (« Allah est très différent : révélation de 1 001 préjugés sur les Arabes »), Bad König, Goldmann Verlag,‎ 142 p.

4° - l’Europe
1965 - Das Reich ist tot - es lebe Europa. Eine europäische Ethik (« L'Empire est mort, vive l'Europe ! Une éthique européenne »), Hanovre, Pfeiffer,‎ 192 p.
1969 - Europas andere Religion : Die Überwindung der religiösen Krise (« L'Autre religion de l'Europe : le dépassement de la crise religieuse »), Düsseldorf et Vienne, Econ Verlag, 558 p.
1971 - Das Ende des Zwiespalts : Zur Diagnose und Therapie einer kranken Gesellschaft (« La fin de la discorde : diagnostic et traitement d'une société malade »), Bergisch Gladbach, Lübbe,‎ 245 p.
1979 - Glauben und Wissen : Die Einheit europäischer Religion und Naturwissenschaft (« Foi et science : l'unité de la religion et de la science européennes »), Düsseldorf,‎ 306 p.
1983 - Europas eigene Religion : Der Glaube der Ketzerla propre religion de l’Europe : la foi des hérétiques »), Bergisch Gladbach, Bastei Lübbe,‎ 432 p. ; publié en français en 1985 à Paris aux éditions Le Labyrinthe, coll. « Livre-club du Labyrinthe »,‎ 286 p.
1989 - Vom Untergang des Abendlandes zum Aufgang Europas : Bewusstseinswandel und Zukunftsperspektiven (« De la chute de l'Occident à l'émergence de l'Europe : l'évolution des consciences et les perspectives d'avenir »), Rosenheim, Horizonte-Verlag,‎ 335 p.

5° - l’unitarisme
1974 - Das nach-kommunistische Manifest : Der dialektische Unitarismus als Alternative (« Le Manifeste post-communiste : l'unitarisme dialectique comme alternative »), Stuttgart,‎ 240 p.

6° - divers
1986 - Tod - was ist dein Sinn ? (« Mort, quel est ton sens ? »), Pfullingen, Neske,‎ 1986, 164 p. ; recension de Bertrand Eeckhout dans Synergies européennes, 1986.

Vendredi 11 juillet 2014 5 11 /07 /Juil /2014 09:49
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Unitariens

Dans son hommage à Sigrid Hunke (1999), Bernhard Bühler, unitarien l’ayant suivi dans sa dissidence, évoque son panthéisme. Nous reproduisons ici, en version française, les citations qu’il présente :


« Lorsque je jette un regard rétrospectif, c’est toujours cette même image qui me revient, qui s’anime, si vivante, devant mes yeux, cette image qui m’a accompagnée si souvent dans la vie : un ciel immense plein de nuages sombres qui chassent, très haut au-dessus de pâturages vallonnés, où se blottissent les fermes entre de puissants châtaigniers, fouettés par la tempête. Chaque jour, je faisais le même chemin et je me pressais contre ce mur de vent invisible et, lentement, je prenais conscience de me trouver là au beau milieu de la lutte des éléments, et j’avançais ainsi sur mon chemin en solitaire… A cette époque-là, … j’ai appris ceci : tout ce qui, - à la façon de ces arbres battus par la tempête et par les averses, se maintient, tout en croissant et en portant des fruits, - doit être solidement enraciné, doit toujours, et sans cesse, puiser ses sèves profondément hors du sol de ses racines, hors de ce sol primordial et divin. Seules les occupations vides de sens, fébriles, sans ancrages solides dans la religiosité finissent lamentablement, sans résistance et dans l’indifférence, par déboucher sur ces platitudes intérieures, ce vide et cet assèchement de l’âme, propre de tout ce qui reste collé à la superficialité du monde matérialiste. Ceux qui veulent aller à l’essentiel, qui veulent créer des valeurs et se réaliser eux-mêmes dans cet acte de création, doivent sans cesse se replonger dans leurs propres profondeurs, pour offrir leur poitrine aux assauts de la vie et puiser dans cette source intérieure les forces pour lancer de nouveaux projets, afin, leur vie durant, de porter et de projeter cet essentiel dans leur vie quotidienne, dans leur profession, dans leur famille et leur communauté ».

Allemagne--DUR.jpeg Représenter l’unité du monde dans notre communauté, approfondir le sens de cette unité, voilà ce que fut le projet de Sigrid Hunke. Avec les mots simples que nous venons de rappeler ici, elle nous transporte au centre même de sa vision religieuse du monde, qui est aussi la nôtre. En se référant à Wilhelm Hauer et à Friedrich Schöll, elle a été pendant douze ans la vice-présidente de la « Communauté religieuse des Unitariens allemands » ; elle nous a transmis ce qui, à ses yeux, était « l’autre religion de l’Europe », la vraie religion de l’Europe, celle qui allait permettre au divin « de revenir dans sa réalité » (Schöll). Dans de nombreux écrits et discours, elle nous a explicité cette pensée et cette religiosité unitariennes, elle nous a montré son enracinement profond dans la philosophie et la théologie de l’Antiquité, du Moyen âge et de notre époque contemporaine. Elle nous a expliqué la profondeur et l’ampleur de cette vision unitaire de Dieu et du monde.

Illustration : l'emblème de la DUR représente un faisceau de runes (alphabet resté non déchiffré et  utilisé d'une façon ésotérique par les peuples du Nord de l'Europe ; les runes les plus anciennes attestées datent d’environ 50 de l’ère chrétienne, et ont été trouvées sur la broche de Meldorf ; parmi les hypothèses : celle d'une relation commerciale entre les Etrusques et les Scandinaves).

Comme par un coup de fanfare, Sigrid Hunke, nous a communiqué, en 1969, à Heide, dans une allocution à l’occasion d’une fête, quelles seraient les thèses fondamentales de son livre La vraie religion de l’Europe. Elle a cité un témoin majeur dans l’histoire de la pensée européenne, Nicolas de Cues : « Qu’est donc le monde sinon la manifestation du Dieu invisible ? Qu’est donc Dieu, sinon l’invisibilité du visible ? N’est-ce pas cet Un, que l’on atteint dans tout ce que l’on peut atteindre ? ».

« Le monde est le déploiement de tout ce que Dieu tient plié en lui. Dieu est le conteneur de tout ce qui se déploie en tout. Il est en tout être, sans pour autant être identique à lui ». En prononçant et en faisant siennes ces paroles de Nicolas de Cues, Sigrid Hunke oppose à la vision du monde chrétienne-dualiste, pour laquelle Dieu et le monde sont fondamentalement différents, la vision unitarienne, où Dieu et le monde sont Un, où ils forment une unitas, la seule unité qui soit.

Vendredi 11 juillet 2014 5 11 /07 /Juil /2014 09:20
- Par La Besace des unitariens - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Unitariens

A la fin du règne d’Hitler, d’anciens sympathisants cherchent à se reconvertir au sein des Eglises et autres mouvances morales pouvant les couvrir aux yeux des perquisiteurs, ne serait-ce que pour prouver leur bonne volonté de réintégration dans un régime démocratique. La plupart des unitariens allemands ayant abandonné toute référence au christianisme et plus généralement à l’histoire de l’unitarisme commencée au XVIème siècle avec la Réforme protestante anti-trinitaire, firent que leur association, la DUR, fut une proie toute indiquée à un tel entrisme.

Sigrid Hunke expliquant que le christianisme fut le malheur de l’Europe ne pouvait que répondre aux attentes de chrétiens déçus par leur Eglise, culpabilisant vis à vis de l’histoire de la chrétienté (les croisades, la chasse aux hérétiques, le conservatisme social et politique, etc.), ayant perdu une foi ancrée dans leur enfance mais gardant un besoin de transcendance, pris de doute sur l’existence de Dieu, etc. En plus, des chrétiens remettant en cause la morale judéo-chrétienne et attirés par l’exotisme culturel de la grande civilisation que fut l’islam. En cela, elle ne fut pas gourou, mais tout simplement en phase avec les états d’âme de bon nombre d’unitariens allemands. Bref, il ne semble pas qu'il ’y ait eu de sa part de violence idéologique !
Elle apporta avec elle une mouvance néo-païenne mais qui, loin des cultes à reconstituer, se contentait d’une vague religiosité, d’un sentiment mystique et fusionnel avec la Nature … lequel déboucha, plus prosaïquement, sur l’écologie (toujours d’actualité chez nos amis unitariens allemands). Une Europe païenne, célébrant le génie ancestral des peuples, retrouvant son harmonie avec les forces naturelles, prônant l’unité de tout (de l’homme et de la femme, de Dieu et de la nature, des peuples païens entre eux), bref un mythe fondateur car il s’agit bien entendu d’une vision tout à fait idyllique.
Saluons chez elle, non sa compétence scientifique car elle procède par accumulation de faits déjà connus et qui ne sont pas en relation de causalité (1) ! mais la continuité de sa réflexion et une vision à l’échelle de l’Europe (qu’elle partagea avec la mouvance intellectuelle d’une Extrême Droite européenne). Comme on dit, en plus de son talent littéraire, elle avait du souffle !


(1) Dans « La Vraie Religion de l'Europe ; la foi des hérétiques » (en allemand, 1983), elle voit une survivance du paganisme en Occident à travers les diverses hérésies du christianisme dont elle analyse les convergences. Pour Alain de Benoist, dans son livre « Comment peut-on être païen » (Paris, A. Michel,‎ 1981) : « dans ces convergences, elle a su lire une continuité spirituelle exprimant les lignes de force d'une « religion de l'Europe » - la vraie religion de l'Europe -, une religion qui apparaît dès la fin du IVe siècle avec Pélage, qui réapparaît au IXe siècle avec Scot Erigène, qui se poursuit au XVIe siècle avec Maître Eckhart et ses disciples... et dont les héritiers, à des titres divers, sont aussi bien Érasme et Léonard de Vinci que Henry More, Shaftesbury, l'essentiel du mouvement romantique et idéalisme allemand, Goethe, Kant, Fichte, Schelling, Schleiermacher et Herder, les Russes Théophane et Berdiaev, les Français Teilhard de Chardin et Saint-Exupéry, etc. [ndlr – ouf ! Attrape-tout la Nouvelle Droite !]. Chez la plupart de ces auteurs on retrouve en effet, portés au plus haut niveau, certains thèmes fondamentaux de la pensée païenne telle que nous nous sommes efforcés de la définir jusqu'à présent : en premier lieu l'unité transcendantale du cosmos, la continuité entre Dieu (ou les dieux) et le monde - un monde dont l'être est parfait mais non immobile, qui est le lieu d'un devenir permanent en toutes directions ; un Dieu qui rend le fini lui-même infini, qui conduit à penser l'espace et le temps comme infinis » (cité dans l'article Wikipedia consacré à Sigrid Hunke).
Curieusement, il y a un chaînon manquant car le nom de Michel Servet, pourtant à l’origine de l’affirmation antitrinitaire dès 1531 et donc de l’unitarisme qui s’en est suivi, n’est pas cité ; lui pourtant qui était l’un des rares de son temps à avoir lu le Coran (lien) ce qui aurait dû plaire à S. Hunke ! Ses amis unitariens allemands ne lui en auraient-ils donc pas parlé ? Impasse logique pour une communauté qui a décidé de vivre « ici et maintenant » et qui ne s’intéresse pas à l’histoire à laquelle sa dénomination devrait pourtant l’inciter !


sigrid_hunke_manifeste_post_communiste.jpg Que nos amis unitariens allemands ne se plaignent pas car elle fit de l’unitarisme, dans sa  « Dialectique Unitarienne », ni plus ni moins, une alternative aux idéologies en vogue que sont le marxisme hégélien et la psychologie freudienne. C’est beaucoup d’honneur pour une mouvance de quelques 600 personnes …

Mais, controversée, surtout à cause de son passé d’adhérente au nazisme puis de ses fréquentations avec la Nouvelle Droite, les éléments progressistes de la DUR finirent par la pousser dehors (mais toutefois sans l’exclure car elle part d’elle-même … avec 200 unitariens !).
Depuis, c’est l’Omerta dans les rangs de la DUR ; faut dire que celle-ci dût répondre à l’accusation d’être une secte nazi car, en 1999, cela alla jusqu’aux tribunaux avec un procès en diffamation (la DUR ayant été traitée de secte nazie !).
Qu’est devenue la Bund Deutscher Unitarier / Ligue des unitariens allemands (BDU) avec en sous titre : Religionsgemeinschaft europäischen Geistes / Communauté religieuse pour l’esprit européen, qu’elle fonda en 1989. Dans l’état actuel de nos informations, nous ne savons même pas où ce mouvement fut fondé, quels étaient ses statuts, son mode de fonctionnement, ses relations avec les autres groupes unitariens, etc. … et s’il survit aujourd’hui !
Quant à la DUR, elle jouit du monopole de représentation vis-à-vis du réseau mondial des unitariens qu’est l’International council of Unitarians and Universalists (ICUU), et, si le mouvement n’est nullement anti-chrétien, la majorité de ses membres sont athées spirituels (« Humanists » au sens anglo-saxon du terme), panthéistes ou néo-païens, et le passé chrétien de l’unitarisme ne les intéresse pas du tout. Il en est de même d’ailleurs dans les pays voisins, en République tchèque et en Autriche (alors qu’en France et en Italie, c’est la mouvance chrétienne unitarienne qui est la plus active). Est-ce l’état d’un unitarisme dans un contexte de très forte déchristianisation et surtout de sécularisation extrême ?

Vendredi 11 juillet 2014 5 11 /07 /Juil /2014 08:57
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Unitariens

"From Christianity to Unitarian Universalism and Back Again" par Matt Tittle, article publié le 30 avril 2014 sur sa page Facebook (lien) ; traduit en français par Emile Bauer VDM, pasteur à Saverne de l'Union des Eglises protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL) et membre du groupe Unitariens francophones sur Facebook. 

Le récit ci-dessous est une confession et profession de foi profondément personnelle. J’ai longtemps débattu pour savoir quand il fallait articuler et partager cette histoire. Je sens maintenant que le temps est venu. Je me sens vulnérable en partageant ces mots. J’espère qu’une saine conversation peut s’en suivre. J’espère aussi que cette conversation sera respectueuse et menée dans un esprit d’apprentissage plutôt que d’affirmation. Ces paroles, croyances et idées sont miennes. Je les propose pour ce qu’elles sont, mais je ne discuterai pas plus de leur validité que je ne réfuterai celles d’un(e) autre. J’espère que vous continuerez votre lecture …

 

Matt Tittle est né à Charleston en Caroline du Sud où il fit des études au St. Andrews Parish High School puis à l’université de cet Etat (en sciences politiques). Il s’engage dans l’US Naval, puis il suit des études de psychologie de l’éducation à l’université de l’Illinois. Il s’engage dans le ministère unitarien après avoir fait des études de théologie en 2004 à la Meadville Lombard Theological School (Chicago). Depuis décembre 2013, il reste ministre du culte mais désormais indépendant, à son propre compte, intervenant à la demande. Il vit en couple avec Debbie Cole, instructrice en T'ai Chi Chih et candidate au ministère unitarien-universaliste. Il habite à Austin, la capitale du Texas.

 

matt_tittle.jpg

L'Américain Matt Tittle à l'Eglise unitarienne d'Auckland en octobre 2013, mariage d'un couple homosexuel. Les conjoints allument leur bougie à la flamme du calice des unitariens afin de témoigner de leur unité spirituelle. Auckland est située dans l'Île du Nord de la Nouvelle-Zélande ; elle n'est pas la capitale de ce pays (c'est Wellington), mais la plus grande ville avec plus de 1.300.000 habitants. M. Tittle y exerça comme ministre du culte consultant de février à décembre 2013.

 

Mon histoire, ma confession, ma joie et ma peine, ma réalité, c’est que j’ai perdu ma foi en l’Eglise unitarienne-universaliste (UU) et son -ISME * -, tel que pratiqué plutôt que tel qu'enseigné, et je suis revenu au christianisme. Certes mon christianisme retrouvé est plus libéral que celui de mon enfance ; cependant il est clair pour moi que, désormais, je suis premièrement - mais pas exclusivement - un suiveur de Jésus. Ceci est survenu près d’un quart de siècle après que j’eusse découvert l’Eglise UU ; pendant les dix dernières années de cette période, j’ai été un pasteur ordonné UU.
Je reconnais que le plus gros du changement a été le mien. Mes croyances ont changé. Ma foi a changé. Ma théologie a changé. Moi, j’ai changé. Mes changements m’ont amené à embrasser des croyances et des pratiques plus larges et pluralistes que celles dont j’ai fait l’expérience dans des communautés UU.  Ironiquement, c’est exactement cela que l’UUisme a longtemps prétendu offrir, mais que j’ai rarement trouvé dans la pratique.
* NOTE : la présente profession ou confession de foi, perdue et regagnée, est remplie d’étiquettes. Je trouve ces étiquettes utiles, mais je reconnais que beaucoup de gens ne partagent pas cette opinion. Je comprends aussi que les définitions que je propose ici peuvent différer selon les personnes. Je n’ai pas l’intention  de débattre de ces différences, mais d’embrasser toutes les  variantes comme des vérités légitimes.

Je ne crois pas que l’UUisme, quant à lui, ait beaucoup changé. Je sens toutefois que beaucoup, sinon la plupart des ministres UU jeunes ou récemment ordonnés sont plus spiritualistes et théistes que leurs prédécesseurs humanistes et naturalistes. Il devrait en résulter du changement au cours de la prochaine décennie ou vingtaine d’années à venir, mais cela rencontrera une forte résistance de la part de ceux qui sont venus à l’UUisme pendant les quelques décennies passées. Des individus et des familles plus jeunes venant à l’UUisme ont en effet des similarités avec notre nouveau et plus jeune clergé.
Les systèmes résistent au changement. Les cultures évoluent lentement. L’Eglise UU est à la fois un système et une culture distincte. La résistance que j’ai rencontrée à travers plus de deux décennies a été une posture anti-chrétienne largement répandue. Je n’ai pas l’intention d’entrer à fond dans la  discussion qui existe depuis longtemps d’un langage de révérence ou le débat humaniste et théiste, mais mon parcours s'est traîné - souvent pesamment - au travers des tourbillons et des vagues sur ces sujets. En fait, la seule fois que j’ai laissé voir la croix simple que je porte autour du cou dans une congrégation UU (en tant que pasteur UU !), j’ai été confronté à la méfiance, à la critique et à l’offense de la part de leaders de l’assemblée plutôt que d’un questionnement en vue de comprendre. Je dis cela tout en reconnaissant qu’il y a des chrétiens UU pratiquants et des congrégations qui les acceptent et qui mettent en pratique une foi proche de la foi chrétienne ; mais ces adhérents et ces congrégations constituent une faible minorité.
L’UUisme a été habité par une culture d’humanisme dominante depuis les années 1950 au moins. Moi aussi, je suis venu à l’UUisme comme anti-chrétien, comme athée revendiqué, puis comme humaniste. J’ai conservé mon identité humaniste pendant les premières années de mon ministère, mais j’ai aussi commencé à m’identifier comme panthéiste (c’est-à-dire : Dieu est en tout, tout est en Dieu et la somme est plus grande que les parties) ce qui est le plus souvent synonyme de la théologie du Process (c’est-à-dire, Dieu est l’univers en progrès. Le changement et la RE-création sont une constante).
Pendant ces années de transformation, les histoires et la sagesse de textes sacrés chrétiens, juifs, bouddhistes et taoïstes ont ainsi davantage résonné en moi que d’autres. J’ai enseigné à partir d’eux le plus souvent, tout en utilisant encore les nombreuses sources de la tradition UU. Lorsque j’ai enseigné à partir des écritures chrétiennes (canoniques ou non) dans des congrégations UU, j’ai toujours reçu des critiques sous les formes suivantes : « votre sermon était trop chrétien », « je ne veux rien entendre (du tout) de Jésus », « je ne veux pas entendre (autant) de Jésus », « nous ne sommes pas chrétiens », « nous avons évolué depuis le christianisme ». « Votre sermon  m’est une offense en tant que (juif, païen, humaniste, etc…) » et ainsi de suite. Je reconnais que de tels sentiments ne sont pas généralisable à l'ensemble de l’UUisme et probablement même pas à la majorité, mais ils sont les plus bruyants et les plus stridents. Dans un registre similaire, j’ai entendu des membres de congrégations UU dire à des visiteurs « nous ne sommes pas (ou plus) des chrétiens » ; « même si vous êtes chrétien, vous êtes quand même le bienvenu ici », « pourquoi n’allez-vous pas dans une Eglise chrétienne ? » Et en désignant une troisième personne en disant « ça me fait du souci qu’il/elle soit chrétien(ne) ».
Cette intolérance ou tolérance à minima n’a jamais eu mon accord. En scrutant plus profondément ce phénomène, j’en suis arrivé à répondre par une citation attribuée le plus souvent à l’ancien président de l’Association unitarienne universaliste (UUA), le révérend John Buehrens, et parfois à feu le révérend Forrest Church : « Parlez-moi du Dieu auquel vous ne croyez pas, parce que, probablement, je ne crois pas non plus en ce Dieu-là ». Sur cette base, je me mis à enseigner et à prêcher une remise en question des tendances de rejet qui sont envahissantes dans le cadre des congrégations UU.
Enseigner un rejet du rejectionnisme est une intéressante méta conversation étant donnés les fondements et l’héritage des UU (et unitariens et universalistes) lesquels firent leur chemin à travers une série de rejets et de protestations à commencer par la Réformation protestante. J'ajouterai qu'on retrouve aussi cela entre autres dans les écritures hébraïques et chrétiennes. Néanmoins, c’est ce que je commençai à enseigner, apprenant, chemin faisant, que je n’étais certainement pas le premier à le faire. Le président du conseil d’administration d’une congrégation que je desservais m’a une fois demandé lors d’une conversation de quatre heures (qui se ressentait plutôt comme une inquisition), « Qu’en est-il des transcendentalistes ? » Ma réponse immédiate fut que j’enseignais le même message que les transcendentalistes, dont on admettait qu’ils étaient des chrétiens [Ndlr - Ralph Waldo Emerson, fondateur de ce courant philosophique, quitta à la fois son ministère unitarien et la religion chrétienne et toute religion ! Ceci dit, il ne tint jamais de propos anti-chrétiens, sinon que l'homme moderne doit penser par lui-même, puiser en lui et en contact avec la Nature, sans être prisonnier d'une quelconque tradition, christianisme inclus]. J’utilisai l’exemple d’un ministre unitarien, le révérend Théodore Parker, dans son sermon de 1841 : « Discours sur le périssable (ou transitoire) et le permanent dans le christianisme » qu’il prononça à l’ordination d’un collègue. Dans ce sermon, Parker dit : « Mais si, comme certains chrétiens primitifs ont commencé à le faire, on prend un point de vue païen, et qu’on fasse de lui [de Jésus] un Dieu - le Fils de Dieu dans un sens particulier – alors beaucoup de la signification de son personnage (caractère) est enlevé. »
Les unitariens et les universalistes ont enseigné pendant des siècles que l’interprétation de l’Eglise chrétienne et l’enseignement de Jésus comme « le Fils de Dieu dans un sens particulier et exclusif » était incorrect et pour le moins mal orienté – « une vue païenne » selon les termes de Parker. Des unitariens plus anciens (par la pensée plus que par le nom) comme Michel Servet ont été brûlés vifs trois cents ans seulement avant l’hérésie de Parker. Et une hérésie, cela en était une, même dans une chaire unitarienne de mettre en question la divinité de Jésus [Ndlr - la Réforme unitarienne du XVIème siècle est précisément anti-trinitaire et les unitariens n'adressent pas de culte à Jésus] et de promouvoir son état périssable comme un simple messager tout comme tant d’autres. Parker fut banni de la plupart des chaires de ses collègues dans les années qui ont suivi.
Tout cela pour dire que je crois fermement que les interprétations bibliques littérales ou absolutistes, que les athées, les agnostiques, les humanistes, les chrétiens libéraux et d’autres ont rejetées, n’étaient pas nécessairement le message transmis par ces anciens rédacteurs. Je crois qu’ils étaient beaucoup plus intelligents, pourvus de nombreuses facettes, habiles et métaphoriques comme penseurs et auteurs. Il existe clairement des comptes-rendus historiques, des conventions sociales et des conseils de bon sens dans tous les textes sacrés qui peuvent être pris à la lettre. Des chercheurs bibliques modernes comme Elaine Pagels considèrent certains des évangiles (canoniques ou non) comme étant des débats au cours des premiers siècles après la mort de Jésus. Au cours des siècles suivants, certains écrits étaient des histoires sur Jésus qui s’étendaient au-delà des premiers comptes-rendus sur sa vie et son enseignement pour transmettre différentes affirmations pour ces temps particuliers. Ces écrits plus tardifs pourraient être considérés comme des volumes dans la série intitulée  « que ferait Jésus ? » (WWJD = abréviation anglaise du titre) . D’autres furent effectivement rédigés comme des arguments persuasifs pour établir la divinité de Jésus, parmi ceux-ci : l’évangile de Jean et plusieurs des épitres [Ndlr - pas tout à fait !].
Au cours des 500 dernières années, depuis la Réforme protestante, il y a eu de longues histoires parallèles et des cycles comportant souvent des pics apparents de foi et d’absence de foi, de pensée progressiste ou fondamentaliste aussi bien que d’acceptation et de rejet d’interprétations littérales et figuratives ou métaphoriques. La religion opère des mouvements pendulaires. Il est important de se souvenir que les pendules reviennent toujours s’arrêter à leur point d’équilibre même quand ils continuent leur fonctionnement.
Et ainsi mon enseignement et mon apprentissage partent d’un point autre que l’arc d’un pendule. J’affirme que ce que tant de gens ont rejeté soit n’est pas ce que les auteurs originaux ont essayé de dire, soit que des interprétations multiples sont valides. J’ai appris à dépasser mon propre rejet du christianisme dans la diversité des manières. Le plus récent et le plus profond fut en réponse à des chrétiens fondamentalistes qui remirent en question mon interprétation libérale de la Bible au moyen de leurs interprétations littérales. Celles-ci me furent dites le plus souvent au cours des années 2005- 2010 durant lesquelle j'ai tenu un blog public très populaire pour le Houston Chronicle. Comme le savent ceux qui naviguent dans la blogosphère, les commentaires et discussions peuvent y être véhémentes, de niveau bas et sans considération pour le sacré vécu par d'autres. Elles sont remplies d’attaques personnelles et d’allégations qui sont brutales au point de se réduire à « vous avez tort et j’ai raison ». Dans mon cas, avoir tort voulait dire que je brûlerais éternellement en enfer. Face à cette haine  et à cette propre justice, j’appris à expliquer que je ne rejetais aucune écriture particulière, mais que j’en avais probablement une interprétation différente. Ainsi j’appris, par contrecoup, ce qu’étaient mes propres interprétations.
Ceci fut le début de mon retour au christianisme. Je réalisai que les écritures chrétiennes, plus que d’autres, me parlaient de façon profonde. Je découvris que je pouvais bien vivre ma vie en essayant de suivre les enseignements de Jésus. J’appris à trouver un sens plus profond dans ces enseignements en creusant et en plongeant sous les sens superficiels de façon à me retrouver face à des valeurs. Je commençai à enseigner que le président américain Thomas Jefferson avait manqué son but lorsqu’il procéda littéralement à l’ablation de tous les miracles de la Bible, aboutissant à un volume intitulé : «  La vie et la morale de Jésus de Nazareth ». Ces miracles n’ont pas besoin d’être pris littéralement pour recevoir un message de rédemption, de renouveau et de naissance nouvelle. J’enseignai que l’humanisme séculier et religieux qui prit racine dans les manifestes humanistes de 1933 et les suivants étaient hors sujet en rejetant le surnaturalisme comme plateforme primaire, alors qu’ils eussent pu simplement embrasser le naturalisme et voir sa présence dans les textes sacrés, comme l’ont fait beaucoup de naturalistes.
Je pourrais continuer, mais la pointe et la conclusion de mon histoire, c’est que j’ai laissé tomber mes propres rejets pour embrasser une foi, une espérance et un amour qui me parle et s’adresse à moi au travers des écritures chrétiennes. Je ne veux pas parler d’un embrassement dans quelque « sens particulier ou exclusif » que ce soit, et je ne m’attends pas davantage à convertir d’autres personnes à mon point de vue. Je suis retourné vers un christianisme qui probablement s’appelle de façon plus appropriée : l’état de disciple.

Je serai toujours un pasteur UU parce que l’ordination n’a lieu qu’une seule fois. Cependant, j’ai quitté la chaire UU à plein temps pour une raison inverse mais avec le même sentiment que Ralph Waldo Emerson le fit en 1832. Emerson ne pouvait plus, en conscience administrer la communion ou conduire la prière publique. Je me languis après la communion et la prière publique parmi d’autres rituels, rites et sacrements que je ne peux trouver dans aucune congrégation UU à de très rares exceptions près. Cependant, je partage le sentiment d’Emerson que « J’ai parfois pensé que, pour être un bon pasteur, il était nécessaire de quitter le ministère ».
Je continuerai à assister à des assemblées UU à l’occasion et à y prêcher en invité une fois ou l’autre. Mais maintenant je trouve ma maison spirituelle sur le banc chrétien libéral. Ironie du sort, je trouve un unitarisme et un universalisme riche à travers les enseignements de Jésus. Les versets qui, pour moi, incarnent cela se trouvent en Matthieu 22, 37–39 : il lui dit, « tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, et de toute ton âme et de toute ta pensée », tel est le premier et le plus grand commandement. et voici le second qui lui est semblable : « tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Le premier verset, qui invite à embrasser un seul Dieu, est un enseignement très riche pour un unitarien et le dernier, qui recommande l’amour pour tous les humains, est riche d'universalisme.
Voilà mon voyage du christianisme vers l’unitarisme-universalsime et mon retour. Je trouve que beaucoup des enseignements de l’UUisme sont importants, qu’ils peuvent élever et transformer [l'être] tout comme je le fais avec le christianisme. Cependant je crois que les pratiquants UU ont perdu leur chemin, aveuglés par un exclusivisme et un manque d’identité qu’ils semblent ne pas pouvoir résoudre. Ils sont trop souvent réticents à entendre le message plus profond du christianisme que leurs prédécesseurs avaient enseigné durant des siècles. Bien sûr, la même chose peut être dite à propos de nombreuses pratiques du christianisme. Un plus grand pourcentage de chrétiens quittent leurs congrégations que ne le font les UU. Eux aussi sont en train de perdre leur foi, comme je l’ai fait.

Dans ce cheminement, je me sens comme un homme sans patrie. J’imagine que l’hérésie que j’ai proférée ici me rendra encore moins bienvenu et pas seulement dans quelques chaires des UU. Comme cela a toujours été le cas, il existe très peu de chaires chrétiennes d’où je pourrais délivrer ce message. Mais je suis accoutumé à voyager sur ce sentier particulier. Mes voyages ne sont pas les plus évidents, les plus sûrs, ni même les plus souvent entrepris. Ce sont cependant les miens. J’imagine que je ne suis pas le seul – que des compagnons voyageurs désaffectés issus tant du clergé que du laïcat de toutes les croyances sont sur ce chemin avec moi. J’espère que ces mots pourraient leur parler, peut-être en apportant sur leur propre chemin une lumière ; même si elle est tamisée.

Dimanche 4 mai 2014 7 04 /05 /Mai /2014 06:31
- Par Matt Tittle - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Unitariens

A document about the missionary effort of the Hungarian Unitarian Church in favor of the Norwegian Unitarian Church at the beginning of the XX century / Document sur ​​l'effort missionnaire de l'Église unitarienne hongroise en faveur de l'Eglise unitarienne de Norvège au début du XX° siècle, par le révérend Dr. Lawrence Sudbury, Ph.D. , publié le 22 avril 2014 sur le site de la Congregazione Italiana Cristiano Unitariana (CICU), et traduit ici en français par Jean-Claude Barbier.
 
Très souvent, en pensant à l'Église unitarienne de la période comprise entre les XIX° et XX° siècles hongrois, nous avons tendance à la voir certes comme une institution historique fondamentale, berceau de notre foi, mais vivant dans des difficultés sévères en raison des conditions géographiques, ethniques et politiques, si bien qu'elle a vraiment besoin de l'aide des Eglises sœurs du monde anglo-saxon. Cette vision, de façon générale, est sans aucun doute juste, mais elle cache le fait que, dans la période que nous examinons et malgré la situation économique difficile dans laquelle elle vivait, l'Église unitarienne hongroise a tenté de son mieux à être aussi une Eglise aidant les nouvelles institutions unitariennes qui naissaient dans d'autres pays. [ndlr - Lawrence Sudbury parle d'effort missionnaire ; il n'y eut pas cependant d'envoi de missionnaires pour de longs séjours, mais seulement, dans le cas ici traité, d'une aide financière].

Une preuve de cet effort est apportée par un document (lien) montrant comment l'Église unitarienne hongroise [ndlr - en fait de Transylvanie] a contribué à l’enracinement d’une communauté unitarienne en Norvège au début du XX°siècle. Il s’agit d’une lettre, datée du 29 septembre 1909, adressée par l’évêque unitarien de Kolozsvar Joseph Ferencz au pasteur de l'Église unitarienne norvégienne, Herman Haugerud. Longtemps en possession de l’ex ministre unitarien Knut Ksm Heidelberg [ndlr - devenu depuis ministre luthérien], elle est désormais conservée dans les archives personnelles du révérend Sandor Leta de l’Eglise unitarienne de Budapest et elle a été portée à mon attention grâce aux investigations du révérend italien Roberto Rosso.

Kolozsvar, le 29 septembre 1909, Hongrie
Révérend et Cher Monsieur,
J'ai lu avec grand plaisir votre lettre dans laquelle vous m'avez dit que vous seriez prêt à accepter les mille couronnes offertes par les Eglises unitariennes de Hongrie pour l'érection d'une nouvelle chapelle unitarienne à Christiania. Je vous transmets à ce jour cette somme par l’intermédiaire d’une banque à Kolozsvar à laquelle j’ai remis votre adresse. J'espère que cet argent vous sera donnée sans difficulté et rapidement. Puisse-t-il être un lien fraternel qui nous relie à vous et sans aucun doute de vous à nous, à l’exemple du lien que nous maintenons avec nos frères anglais et américains depuis de nombreuses années pour notre cause commune qui vise à la diffusion d’un unitarisme éclairé et d’idées religieuses plus libérales. Très cordialement ; je suis sincèrement vôtre.
Joseph Ferencz, évêque de l'Eglise unitarienne hongroise".

Pour comprendre l’importance de ce document, nous devons prendre du recul sur la situation de ces deux Eglises dans la première décennie de 1900. En ce qui concerne l'Église unitarienne hongroise nous devons nous rappeler que, à l'époque, elle avait subi des événements très complexes durant près d'un siècle. Malgré le compromis de 1867, qui visait à résoudre les différends de longue date entre l'Autriche et la Hongrie, les efforts du gouvernement autrichien pour affaiblir les protestants ont continué, et ils ont entre autres visés les unitariens. Ceux-ci furent mis en difficulté en regard de la politique scolaire menée depuis 1856 par le gouvernement autrichien. Celui-ci, dans le cadre de sa politique de germaniser la Hongrie, avait décidé d'y remodeler les écoles et les collèges sur le modèle de ceux de l'Autriche, d’exiger un nombre plus important d'enseignants et d’imposer une considérable augmentation des salaires, ceci sous la menace de fermer les écoles qui ne respecteraient pas ces normes. Les unitariens détenaient et géraient un nombre élevé d’écoles du dimanche et des lycées, mais les exigences du Gouvernement étaient si élevées que la petite Eglise unitarienne, appauvrie par la conjoncture économique récente, risquait bien d'être forcée de passer ses écoles sous le contrôle de l'Etat, avec comme résultat de voir son patrimoine culturel disparaître au profit de l’enseignement catholique. La somme exigée s'élevait à plus de 70 000 $, tandis que la population totale de unitarienne Transylvanie comptait moins de 50 000 habitants.

 

Par un incroyable effort de souscriptions, allant jusqu’à hypothéquer leurs maisons mêmes, les fidèles réussirent à rassembler un certain montant, mais ce n'était pas encore assez et ils ont dû faire appel à l'aide de leurs frères en Angleterre et en Amérique par l'intermédiaire de la British and Foreign Unitarian Association (BFUA) à Londre et du comité exécutif de l'American Unitarian Association (AUA). Les congrégations anglaises ont réussi à réunir quelques £1,230 qui ont été envoyées par le secrétaire de la BFUA à Kolozsvar en août 1858. La somme réunie par l’AUA fut moindre à cause de la situation économique difficile aux Etats-Unis. Bien que les exigences gouvernementales n’aient pas pu être entièrement respectées, le paiement a été accepté et les écoles unitariennes hongroises sauvées.

Cette mobilisation forcée eut toutefois un effet positif dans la mesure où elle contraignit les confessions protestantes à dépasser leurs différences pour s’attacher à la défense de leur patrimoine commun hongrois. Après le compromis de 1867, les effectifs unitariens augmentèrent de quelques 25000 membres. Par ailleurs, les meilleurs étudiants unitariens prirent désormais l’habitude d’aller poursuivre leurs études en Angleterre alors qu’ils allaient auparavant dans des universités de langue allemande. Les relations entre d’une part les unitariens hongrois et d’autre part les unitariens anglais et américains s’intensifièrent avec comme point d’orgue le 400ème anniversaire de la naissance de Ferencz David en 1910.

Au début du XXe siècle, la situation de l'Église unitarienne hongroise s'améliora (E. M. Wilbur, Une histoire de l'unitarisme, volume II, Berkeley U.P., 1952, pp 88-98) : elle jouissait désormais d’une entière liberté religieuse, à égalité avec les autres confessions ; ses fidèles pouvaient accéder aux emplois dans les Administrations et aux postes officiels ; elle disposait de 42 écoles tenues par ses paroisses, de 3 lycées et d’un collège universitaire comprenant une école de théologie. Mieux, elle put bénéficier de fonds de dotation et de subventions de l’Etat pour ses églises et ses écoles.

Avant la catastrophe de la Première guerre mondiale, l'Église unitarienne hongrois pouvait donc donner aux Églises étrangères naissantes le même type d’aide qu’elle avait reçue de ses frères anglo-saxons dans un moment d'extrême difficulté. L'Église unitarienne hongroise, en la personne de son évêque Joseph Ferencz, n’hésita donc pas pour aider l’Eglise unitarienne de Norvège.

Ferencz fut un grand leader et mérite d'être mieux connu. Né à Alparéten [Alparét, Județ de Cluj, Roumanie] en 1835 et mort à Cluj-Napoca [Kolozvar en hongrois] en 1928,  il fut témoin, durant ses 93 années de vie,  des événements fondamentaux dont nous avons parlés. Diplômé au collège unitarien de Kolozsvar en 1855, lorsque le « différend scolaire » prend forme, il étudie ensuite à Göttingen et à l'université de Berlin, puis il se rend aux Pays-Bas, en Belgique et en France ; au début de 1859, il va étudier à Londres pour quelques mois.

 Grâce à cette expérience internationale, il est à même de mesurer l'enthousiasme suscité à l'étranger par l'idée d'un réseau d’aide entre toutes les institutions unitariennes. Ce n'est pas donc par hasard que, après avoir été professeur à Kolozsvar durant de nombreuses années et une fois élu évêque en 1876, l’un de ses premiers soucis fut d'augmenter le salaire des employés de son Eglise s’occupant des relations étrangères et d'apporter son soutien aux relations avec les autorités unitariennes anglo-américaines (il était d'ailleurs un ami proche de Jacques Martineau) - il s’ensuivit une importante participation de ces dernières aux célébrations du 300ème anniversaire de la mort de Ferencz David (1879) et du 400ème anniversaire de la naissance de celui-ci en 1910. Par ailleurs, tout au long de son ministère épiscopal, il combattit les murs dogmatiques entre les dénominations protestantes - ainsi, en 1886, il décida que son Eglise devait participer à la fondation de la Société protestante littéraire. Il n’est donc pas étonnant que l’évêque se soit intéressé aux nouvelles tentatives de créer des institutions unitariennes dans les pays étrangers.
À propos de l'évêque Ferencz, une courte biographie peut être trouvée dans : M. Kelemen, FERENCZ JÓZSEF, Erdélyi unitarius PÜSPÖK KORA ÉS MUNKÁSSÁGA , MAGYAR EGYHÁZTÖRTÉNETI VÁZLATOK REGNUM, 2003/1-2 számában

Malheureusement, il ne reste de cette relation avec l’Eglise unitarienne de Norvège que cette simple lettre, mais on peut imaginer que la correspondance fut plus fournie entre l’évêque Ferencz et le pasteur Haugerud.
kristofer_janson.jpg L'Eglise de Norvège avait été fondée par une personne célèbre, le poète Kristofer N. Janson (né en 1841 à Bergen) (lien). Licencié en théologie de l'université de Christiania [depuis Oslo], il voyagea beaucoup en Europe et, à son retour en Norvège, il était devenu populaire en tant que professeur et auteur si bien qu’il fut invité pour une série de conférences aux États-Unis en 1879. Le succès de ses conférences fut si grande que, l'année suivante, son ami Bjørnstjerne Bjørnson (plus tard prix Nobel de littérature) l’invita, alors qu'il était en vacances à Rome, pour être pasteur au service des colonies norvégiennes dans le Minnesota. Janson accepta et, alors qu’il était en service aux Etats-Unis, il entra en relation avec des unitariens et fut ordonné pasteur lors d'une cérémonie en 1881 à la Troisième Eglise unitarienne de Chicago. Puis il sert en tant que ministre du culte et écrit des livres d’hymnes à Minneapolis et à Saint-Paul dans le Minnesota et dans Underwood, comté de Brown et Hudson dans le Wisconsin. Mais, à l'automne 1891, la relation entre Janson et sa femme se dégrada et il décida de retourner en Norvège, où il arriva en 1893. Janson commença par une grande tournée de conférences, dont beaucoup furent consacrées aux idées unitariennes et à encourager « tous les gens ouverts d'esprit à fonder une Eglise». Quelques mois plus tard, cela donna naissance à une Eglise unitarienne dénommée « Eglise de la Fraternité ».

Née comme création de Janson, l'Eglise prit bientôt un chemin indépendant de son célèbre fondateur, ceci parce que son « patronage » s’avérait quelque peu handicapant à cause de son divorce (qui, à l’époque fit grand scandale à Oslo) et de ses accouintances avec le spiritisme. La nouvelle Eglise ne fut pas reconnue comme chrétienne par le Parlement norvégien, même si eut lieu en 1896 le premier mariage unitarien et en 1898 la première cérémonie de confirmation. En 1898, Janson dût abandonner la direction de l’Eglise. Celle-ci prit le simple nom d’Eglise unitarienne (dirigée par une Société). A cette époque, un recensement de la population nous informe que 88 unitariens sont dénombrés à Christiana. Lorsque Janson quitta l’Eglise, certains fidèles le suivirent, mais la plupart continuèrent dans l’optique d’un humanisme religieux unitarien. [ndlr - K. N. Janson mourut le 17 novembre 1917].

Naturellement, ils avaient besoin d'un nouveau pasteur et c'est la raison pour laquelle ils firent appel au pasteur Herman Haugerud, de retour des Etats-Unis. Né à Christiania en 1864 et tenté par une carrière scientifique, il eut sa vocation unitarienne à l'âge de 22 ans et décida d’aller aux Etats-Unis afin de compléter son éducation religieuse. En 1886, il s’inscrit à l’Ecole de théologie de Meadville [à Chicago] où il rencontra Janson et sous l'influence duquel il étudia jusqu'à son ordination le 3 décembre 1890. Aussitôt, il commença son ministère dans une congrégation locale à Puyallup (Washington), qu’il quitta en 1892 afin de compléter ses études à Harvard. Après l'obtention de son doctorat, Haugerud servit encore dans certaines congrégations américaines (y compris celle où Janson avait exercé à Minneapolis), jusqu'au moment où il fut invité à retourner à Oslo pour succéder à Janson à la tête de la Société unitarienne.

Un unitarien de l'époque, Hans Østerholt, rédacteur en chef du magazine satirique de tendance sociale-démocrate « La Guêpe », traça un portrait de Hugerung dans son autobiographie : « Malheureusement, Haugerud n'a pas la chaleur de Jason ni à captiver son auditoire comme le fait ce dernier ; il lui manque la force nécessaire pour rassembler les gens » (il n'est pas sans intérêt de savoir que ce Østerholt rejoignit l'Eglise de l'Etat en 1933, bien qu’il continuait de se considérer comme unitarien de croyance). Durant deux ans, 1904-1905, Haugerud et Janson exerçèrent leur ministère en situation de rivalité dans deux lieux distincts. Resté seul en 1905 à la tête de la Société unitarienne, il établit de bons rapports avec les unitariens américains, reçut des livres et articles de l’AUA et agrandit sa communauté d’une douzaine de personnes. En décembre 1905, il encouragea la formation d’une Organisation de jeunesse unitarienne, mais celle-ci ne dura pas plus de 6 mois. Dans la période 1906-1907, nous savons qu’il y avait environ 100 membres inscrits à la Société, un calendrier de services réguliers avec la participation de plus ou moins 200 personnes, et l’existence d'un magazine appelé « L’Unitarien » (mais qui ne dura que quelques mois).

Dans la meilleure période de la congrégation, autour de 1908-1909, le comité de l'Eglise décida de construire un bâtiment cultuel et envoya Haugerud en Angleterre afin d’y recueillir de l'argent pour la construction. Entre autres, au cours de ce voyage, Haugerud prit part à un service du dimanche soir, le 14 mars 1908, à L’Eglise unitarienne de Clarence Road. Mais les fonds qu’il récolta s’avérèrent insuffisants.
Sur l'histoire de l'Eglise unitarienne norvégienne : F. Hale , Origines unitariennes en Norvège durant les années 1890 et au début du vingtième siècle, Université Stellenboch 2004, et R. Rosso, La nascita dell'unitarianesimo norvegese, CICU, 2009.


C'est à ce moment que l'intervention de l'Église unitarienne hongroise fut décisive. Considérant qu'une Couronne avait, au moment de sa naissance en 1905, une valeur de 0,42032 grammes d'or pur (lien), cela équivaudrait aujourd'hui à quelques $ 16 750, soit une quantité incroyable d'argent si nous considérons qu'elle provenait d'une dénomination qui commençait à peine à se remettre de l'une des pires crises financières de son histoire.

Ce don permit à Haugerud de construire son église, mais malheureusement cela ne fut pas suffisant pour donner une nouvelle vie à une institution qui, en dépit du travail de son ministre pour la garder vivante et développer ses relations internationales (en particulier avec la British & Foreign Unitarian Association) eut un taux de croissance très faible. Haugerud fit des cultes jusqu'à sa mort en 1937, mais, après, la congrégation disparut progressivement. Le bâtiment de l'église a été repris par l'Église luthérienne en 1947. Le recensement d’Etat, en 1950, ne dénombrait plus que 17 unitariens.

Dimanche 27 avril 2014 7 27 /04 /Avr /2014 04:03
- Par Lawrence Sudbury - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Unitariens

charles_gordon_ames.jpgChristianity and Unitarianism” (Christianisme et unitarisme) par Charles Gordon Ames (1828-1912), Church of the Disciples, Boston, Berry Street Essay, texte à lire avant la Conférence ministérielle du 29 mai 1895. Paru dans l' American Unitarian Association, 1896 ; Tracts, 4th Series, n° 96, et mis en ligne sur le site de l'Unitarian Universalist Ministers Association UUMA (lien). Traduit en français par Roger Gau à partir d’une traduction automatique de Google (lien). 


L’auteur fut d’abord ordonné ministre d’une Eglise baptiste en 1849, milita au sein du Parti républicain à partir des années 1854 (de 1855 à 1857, il édite le Minnesota Republican, le premier journal de cette tendance dans le Nord-Ouest). Il s’établit à Boston en 1859, adhère à l’unitarisme, et, plus tard, il succède à James Freeman Clarke comme pasteur à l’Eglise des Disciples. Il édite le Christian Register of Boston de 1877 à 1880. Il se remarie en 1863 avec une activiste philanthrope et féministe Fanny Baker Ames.

Lundi 2 septembre 2013 1 02 /09 /Sep /2013 11:17
- Par Charles Gordon Ames - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Unitariens

Niccolò Paruta, un réformateur italien antitrinitaire
note rédigée par Jean-Claude Barbier à partir du site italien Eresie ( lien), du site français de Didier Roux sur les Réformateurs anti-trinitaires ( lien) et de l’encyclopédie Wikipedia en version anglaise ou française


Niccolò Paruta ( - 1581), fils d’un noble vénitien, fut médecin et se joint aux anabaptistes en participant en 1546 à une importante rencontre qui se tint clandestinement au collège Vicentina, réunissant des anabaptistes et des anti-trinitaires. En 1560, il doit quitter Venise à cause de ses convictions réformatrices.


Il se rend d’abord à Genève, avec Andrea da Ponte (1508-1585) vers 1560. Mais Jean Calvin ne reçoit pas bien ces Italiens anti-trinitaires qu’il veut soumettre à sa propre confession de foi. L’anti-trinitaire Michel Servet, rappelons le, a été mis sur le bûcher en octobre 1553, au terme d’un procès d’Inquisition initié et conduit pour la partie religieuse par Calvin. Les Italiens lui en font grief.  N. Paruta préfère quitter la ville et s’installer en Moravie à Austerlitz en 1561.


Là, il fonde un véritable salon anti-trinitaire qui se trouve renforcé par l’arrivée de célébrités comme Jean-Paul Motta Alciati, Giovanni Valentino Gentile et Bernardino Ochino, lesquels ont été expulsés de Pologne après l'édit de Parczòw de 1564 (cet édit ordonne l'expulsion de tous les étrangers non-catholiques). B. Ochino passa d’ailleurs les derniers jours de sa vie chez N. Paruta, en février 1565. D’autres réformateurs vinrent les rejoindre comme Marcantonio Varotta (en 1566) et Nicholas Buccella, avec qui il entretint des relations durables d’amitié.


On retrouve N. Paruto à Cracovie en 1571-1572, puis l’année suivante, en 1573 en Transylvanie, au collège anti-trinitaires de Kolozsvar. Les réformateurs de cette mouvance viennent de vivre leur heure de gloire sous le règne de Jean II Sigismond, prince (vovoïde) de Transylvanie. Ils ont eu le dessus lors des disputes théologiques et la diète de Torda, en 1568, a avalisé leur position libérale accordant la liberté de penser aux ministres du culte. Mais le Prince est mort d’un accident de chasse en mars 1571, et son successeur est catholique … et influencé par les Jésuites, lesquels mènent la Contre-Réforme !

 

transylvanie_carte_francaise_1843.jpg

 

Carte "française" de 1846 utilisant en fait les cartes existantes avec un joyeux mélange de toponymies allemande et hongroise : "Temesvar" (partie à gauche et en bas de la carte) est écrit en hongrois (la ville s'appelle en allemand Temeschburg et en roumain Timisoara ; elle est la capitale du Banat). Au centre de la carte, "Klausenburg" est le nom allemand de Kolozsvar (en hongrois), ville dénommée depuis Cluj-Napoca par les autorités roumaines. Plus bas, "Carlburg" est le nom allemand de la ville de Gyula-fehervar (en hongrois), qui est l'actuelle Alba-Iula. En bas et au centre, "Hermanstadt" est le nom allemand de Nagyszeben (en hongrois) qui est Sibiu en roumain. "Kronstadt", en bas et à droite, est Brasov en hongrois et Brasso en roumain. Marosvasarhely (centre droit de la carte, à une latitude proche de celle de Klausenburg) est le nom hongrois de l'actuelle Tirgu Mures (en roumain). Enfin, plus au nord, Bistritz est en allemand et correspond à la ville saxonne dénommée Beszterce en hongrois et Bistrita en roumain.

 

au collège de Kolozsvar


Ce collège de Kolozsvar (dit le Gymnasium en latin) semble avoir été un lieu de convergence (et sans doute d’effervescence intellectuelle !) pour plusieurs anti-trinitaires de ces années 1570. N. Paruta y a cohabité avec Matthieu Glirius, et Jacques Paléologue.


A-t-il rencontré de son vivant Johannes / János / Jean Sommer, le fondateur de ce collège ? Celui-ci, né en 1540 en Saxe dans la ville fortifiée de Pirna, ancien étudiant luthérien de l’université de Wittenberg, est déjà venu en Transylvanie où il fut maître de l’école de Biatricz [ndlr – sans doute Beszterce en hongrois et Bistrita en roumain, qui est un groupement saxon au nord-est de Kolozsvar]. Reparti en Allemagne, il est rappeler en Transylvanie pour ses compétences en grec à la demande de Georges Biandrata et de l’évêque hongrois Ferencz David. Il arrive à Kolozsvar au printemps 1572, accompagné d’Adam Neuser (tous deux sont partis de Cracovie le 15 avril). Malheureusement, lui et sa famille (sa femme et sa belle-fille) seront victimes de la peste ; il meurt en 1573 (année de l’arrivée de N. Paruta) ou en 1574.


L’Allemand Adam Neuser, né vers 1530 à Gunzenhausen, une cité de la Bavière, ancien ministre calviniste de l'église Saint-Pierre à Heidelberg, mis en prison pour une lettre adressée à Sigismond II de Transylvanie et interceptée par la police impériale, mais en cavale depuis 1571, ne s’attarde guère en Transylvanie (le danger est réel : son ami Johannes Sylvan, est exécuté en 1572 par les autorités impériales). On le retrouve à Constantinople … où il s’est converti à l’islam, sans doute pour le besoin de se mettre sous la protection du sultan. Stephen Gerlach, un théologien luthérien, qui se rendit à Constantinople dans le mois d'août 1573, en qualité de chapelain domestique pour le baron Ungnad Von Weiszenwolf, ambassadeur autrichien à la Sublime porte, le rencontre et s’étonne de sa conversion. A. Neuser décédera le 12 octobre 1576, d'une maladie incurable et douloureuse (ce que d’aucuns considèreront comme un jugement de Dieu pour son apostasie !).


C’est Matthieu Glirius (vers 1545-1590), de son vrai nom M. Vehe, spécialiste de l’hébreu, qui succède, en qualité de recteur, à Jean Sommer. Il est né à Ballenberg (dans le canton de Berne ?) et a été étudiant des universités d’Heidelberg et de Rostock. Il fut diacre à Kaiserlautern. Il restera recteur jusqu’au moment du conflit entre Georges Biandrata et Ferencz David. Ce dernier meurt en prison en novembre 1579 et on attribue à Matthieu Glirius un pamphlet publié en 1581 mettant en cause Georges Biandrata et ses amis sociniens dans la condamnation de celui qui fut le premier évêque de l’Eglise anti-trinitaire de Transylvanie (la dénomination de cette Eglise deviendra « unitarienne » à partir de 1600), de 1568 à 1579. Deux disciples locaux de Matthieu Glirius, András Eőssi et Simon, fonderont un mouvement judaïsant, les Sabbatariens (voir deux livres récents qui sont sortis sur eux, lien), qui connaîtra un certain succès auprès des populations sicules (Szekler en anglais) du Centre et de l'Est de la Transylvanie. Lui même partira en Pologne, puis retournera en Allemagne en 1589, mais il y sera arrêté et mourra en décembre 1590.


Matthieu Glirius, dans sa fonction de recteur, sera secondé par Jacques / Giacomo /Jacob / Iacopo Paléologue / Paleologo / Palaeologus, dont la famille est originaire de Grèce (il est né sur l'île de Chios en 1520) et immigrée en Italie après la conquête ottomane (Constantinople est prise en 1453). Entré dans l’ordre des Dominicains, il fait des études de théologie à Gênes et à Bologne, puis est envoyé en 1553 au couvent de Pera, près de Constantinople. Mais développant des idées universalistes comme quoi les adeptes d’autres religions, dont les juifs et les musulmans, pourraient bénéficier eux aussi de la Rédemption et donc être sauvés, il est emprisonné. Il échappe des prisons de l’Inquisition romaine en 1559 à la faveur d’une émeute populaire. Il se réfugie d’abord en France, puis en 1562 en Moravie, de là on le retrouve au collège de Kolozsvar dans les années 1573-1574. Par la suite, il bénéficie de la protection de Jetrich (1545-1582), seigneur de Kunovice, et s’installe à partir de 1576 à Cracovie, en Pologne à part quelques brèves périodes où il est à Hluk en Moravie (actuelle partie orientale de la République tchèque). Mais en décembre 1581, il est arrêté à l’instigation de l'évêque d'Olomouc, Stanislav Pavlovsky II. Il est extradé vers Vienne, puis envoyé à Rome où il est condamné à mort pour hérésie en février 1583. Il échappe au bûcher en faisant repentance publique, mais il est finalement décapité le 22 mars 1585 et son corps sera brûlé le lendemain sur le Campo dei Fiori.


contemporain du débat sur le culte de Jésus


N. Paruto enseigne et écrit. Malgré ses nombreux déplacements, il a toujours pris soin d’avoir un niveau suffisant de confort afin de disposer d’une riche bibliothèque personnelle. Il a écrit de nombreux ouvrages, malheureusement perdus, dont un catéchisme. C’est sans doute à cette époque qu’il rédige son œuvre majeure " De uno Vero Deo Jehova Disputationes " (que les Editions unitariennes de Milan viennent de republier en traduction italienne en novembre 2012, lien). Ce livre, cité par Sandius (Vidend. Sandii B.A. pp.25, 23, 29. Bock, Hist. Ref. Pol. L. Ii. C. i. P.40. Wolfi Bibl. Hebr. T.I., p. 642.), est imprimé par John Carzanski à Losk, en Lituanie, en 1578). Le site italien Eresie mentionne aussi 11 thèses contenues dans un second ouvrage « Theses de trino et uno Deo » qui aurait été imprimé auparavant par le lituanien anti-trinitaire Szymon Budny en 1575.


En 1574, N. Paruta adresse une lettre à Stanislaüs Lutomirscius, superviseur de l’Eglise antitrinitaire de Pologne, à propos du baptême. Il s’y montre favorable à ce que tous ceux qui sont admis au sein de cette Eglise soient baptisés afin de prévenir toute conséquence mauvaise, mais sans toutefois aller jusqu’à l’idée que ce rite soit nécessaire au salut.

Ndlr – s’agit-il là simplement du baptême ou bien de re-baptiser les chrétiens venus d’autres Eglises où le pédo-baptême est pratiqué ? On sait que Faust Socin ne sera jamais membre de cette Eglise, bien que théologien à son service, car il gardera son baptême initial.


Il est avec Matthieu Vehe au collège de Kolozsvar lorsqu’éclate en 1578 le funeste confit entre Georges Biandrata et Ferencz David. En mars 1578, Georges Biandrata (lui aussi médecin et théologien italien) fait venir Faust Socin pour convaincre l’évêque unitarien Ferencz David de la nécessité de maintenir le culte à Jésus, celui-ci ayant été élevé par Dieu après sa mort. C’est là une page sombre qui se terminera par l’emprisonnement du premier évêque transylvain et sa mort au cachot de la forteresse de Deva en novembre 1579 ( lien).


Les idées de l’évêque hongrois sont partagées par plusieurs anti-trinitaires de l’époque, entre autres le Lituanien Szymon Bundy, Matthieu Vehe, le Paléologue, et N. Paruta lui-même, etc. Il est parfaitement erroné de présenter Ferencz David comme un être instable, changeant d’idées, novateur isolé. Il épouse au contraire le mouvement réformateur de son époque où la réflexion théologique a rapidement glissé vers des positions aujourd’hui admises par la plupart des chrétiens unitariens actuels. Au XVIIIème siècle, on assistera d’ailleurs en Angleterre au même glissement, les unitariens se séparant sucessivement des ariens, puis des sociniens.


Il meurt peu après les évènements, probablement en 1581 à Nagyenyed (nom hongrois de la petite ville actuelle d’Aiud, au sud de Torda) où il avait une maison.


Christian Francken arrive au collège de Kolozsvar, après les évènements tragiques que nous venons d’évoquer et après la mort de N. Paruta, une première fois en 1585, puis de 1589 à 1591.


Christian Francken est un Allemand né vers 1550 à Gardelegen, en Saxony-Anhalt. Il devient jésuite et enseigne au collège jésuite de Vienne. Il quitte sa fonction en 1577 et, étant acquis à l’anti-trinitarisme, cela lui vaut une vive polémique avec les calvinistes (par exemple avec le huguenot français François Du Jon en 1584). Il est arrêté en Pologne, se réfugie en 1585 en Transylvanie, auprès des anti-trinitaires de Kolosvar, repart à Prague où il est en 1587 – il y est présenté au mathématicien et astronome gallois John Dee -, puis revient à Kolozsvar (1589-1591). Il publie deux nouveaux livres à Prague en 1592, mais lors d’un voyage en Italie en 1598, il est arrêté et sans doute mis à mort vers 1610. Son nom est mentionné dans un document de l’Inquisition daté de 1611.

Jeudi 29 novembre 2012 4 29 /11 /Nov /2012 23:10
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Unitariens

 par Lawrence M. F. Sudbury, publié sur la page Facebook de l'International Council of Unitarians and Universalists le 22 juin, traduit en français par Jean-Claude Barbier.


Voir, sur ce même site, nos articles précédents sur cette personnalité : « Fernandino Bracciforti et le début de l’unitarisme en Italie » (4 octobre 2010,  lien),  « Les unitariens à Milan en 1875 » (7 mai 2007, lien).

 

Né à Fermo le 15 novembre 1827 de Earl Vincenzo et de Giulia Cioccolanti, Ferdinando Bracciforti termina ses premières études au collège des Barnabites de Parme et entra comme page à la cour de Maria Luisa.


fernandino_bracciforti_1.jpg En 1848, lors des premières manifestations patriotiques italiennes, il se porta volontaire et combattit  à Pastrengo et à Novara, sans oublier de poursuivre ses études et d’obtenir un diplôme en droit. Mais il ne voulut pas endosser la toge d’avocat et préféra se consacrer à l'étude des langues anciennes et modernes et en particulier de l'anglais. Il enseigna l’anglais dans les principales écoles de Milan, y compris l'École polytechnique, durant plus de 40 ans, avec des interruptions seulement occasionnelles. Il publia plusieurs livres qui devinrent immédiatement des jalons incontournables pour l’enseignement de l’anglais en Italie. C’est précisément par cette étude de la langue et de l'histoire des Anglo-Saxons, qu’il a pu élargir ses idées politiques, sociales et religieuses : ce qui l'a éloigné de l'Eglise catholique, d’abord afin d’adhérer à une évangélisation plus générale (et pas seulement catholique) dans un premier temps et, plus tard, à la foi unitarienne.

 

illustration : une réédition récente de l'oeuvre littéraire de F. Bracciforti

 

Généralisées en Europe, grâce aux travaux du pasteur américain William Channing Ellery pasteur, les idées unitariennes répondaient parfaitement à sa mentalité rationaliste et non conformiste. F. Bracciforti voyait en elles non seulement la base d'une foi permanente, mais aussi un élément clé pour une politique nationale unifiée contre le conformisme clérical, étriqué et dogmatique, de l'Église catholique. En ce sens, il n’est pas sans incidence de constater que la théorie unitarienne eut une influence sur une grande partie des patriotes italiens, auprès des savants les plus croyants et d’une façon plus générale, en cette période de turbulences, auprès de tous ceux qui étaient sensibles aux problèmes religieux, y compris quelques-uns des grands protagonistes démocrates du "Risorgimento" italien, tels que Garibaldi et Mazzini.


Dans les premières années de la décennie 1860, F. Bracciforti, après avoir répudié le culte catholique, a rejoint l'Eglise évangélique italienne de Milan, dans laquelle il est resté pendant une dizaine d'années. Son approche de la thèse unitarienne est venue à une époque où la papauté préparait le concile œcuménique Vatican I [ndlr - 8 décembre 1869 - 18 juillet 1870], lequel conduira à la proclamation de l'infaillibilité pontificale et à un resserrement du fossé qu’il y avait entre l'État italien et l'Église romaine.


La prolifération des associations de dissidents catholiques et l'accentuation de la polémique contre la ligne de Rome semblait préparer un environnement dans lequel la propagande chrétienne libérale, déjà commencée par Pietro Sbarbaro, pourrait aller plus loin et dans des voies nouvelles, et viser désormais des objectifs concrets.


Le début de 1869, avec la publication de "La Réforme du dix-neuvième siècle", un bimensuel unitarien qu’il fonda à Milan et qui malheureusement cessa de paraître en novembre 1872, correspond au point culminant de l'engagement religieux de F. Bracciforti. Récemment converti à l’unitarisme, ce dernier voulait non seulement présenter l'unitarisme à un large public, mais aussi rassembler toutes les forces anti-trinitaires du pays. Compte tenue de la variété et de la divergence des points de vue de ceux qui ont collaboré à la revue et aussi de la formation profondément libérale et tolérante de son directeur, la ligne de "La Réforme" était calme et réfléchie, et il n'y eut pas de polémiques sur des sujets avec le ton agressif qui, au contraire, caractérisa le travail de son contemporain Sbarbaro.


Soit dit en passant, «La Réforme du XIXème siècle » faisait face aux grandes questions religieuses de l'époque, parfois en les plaçant dans un contexte européen et mondial, et visait à introduire, parmi un public populaire, les principaux résultats de la critique biblique et historique de l’époque.


Le lien entre l'action de renouveau religieux et celle de l'unité nationale a été assurée par les dirigeants de la revue, y compris quelques-uns des noms les plus importants de la scène patriotique d’alors, comme Giuseppe Garibaldi, Aurelio Saffi, Ausonio Franchi, Aristide Gabelli, Terenzio Mamiani et Giulia Caracciolo. Avec eux, et en tant que correspondant officiel de "La Ligue internationale pour la paix et la liberté", F . Bracciforti réussit à entreprendre une propagande incessante pour la paix, en soutenant l'idée futuriste d’une Constitution des États-Unis d'Europe.


L’activisme unitarien de F. Bracciforti fut également impressionnant en ce qui concerne l’organisation à Milan, en 1875,d’une Eglise unitarienne qui a atteint le nombre de 80 membres, ce qui était proprement incroyable dans le contexte italien de l’époque. Malheureusement, son action, qu’il poursuivit par des traductions d’œuvres unitariennes anglaises et américaines, des brochures diverses et des discours publics, n'a pas obtenu d’effets durables : le rationalisme religieux ne pouvait qu’égratigner superficiellement les murs de la forteresse catholique italienne ; au moins son travail contribua-t-il à élargir l'horizon de la culture religieuse du pays.


F. Bracciforti mourut à Milan le 20 avril 1907. Après sa mort, l'Église unitarienne, qui avait des membres dans certaines des grandes villes, disparut peu à peu, vivotant avec des hauts et des bas jusqu'au début de l'après-guerre. Elle fut absorbée, dans de nombreux cas, par les Libres croyants radicaux italiens de Gaetano Conte.

Vendredi 22 juin 2012 5 22 /06 /Juin /2012 14:46
- Par Lawrence M. F. Sudbury - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Unitariens

Etats-Unis--UUA--flamming-chaliceeditrj18mt.png Après les 7 principes de l’unitarisme-universalisme - qui ont été repris avec quelques modifications par ceux de l’ICUU ( lien) - il y a les 6 sources de cette nouvelle approche du religieux. Le texte original est en anglais sur le site de l'Unitarian Universalist Association (UUA) of Congregations (lien), avec une version en espagnol ; il est traduit ici par Jean-Claude Barbier (France).


L’unitarisme-universalisme (UU) provient de nombreuses sources :


1 - L'expérience directe de ce mystère transcendant et prodigieux, affirmée dans toutes les cultures, qui nous pousse à un renouvellement de l'esprit et à une ouverture aux forces qui créent et soutiennent la vie ;
2 - Les paroles et les actes des femmes et des hommes prophétiques qui nous incitent à faire front aux pouvoirs et aux structures mauvaises avec justice, compassion et la puissance transformante de l'amour ;
3 - La sagesse des religions du monde qui nous inspire dans notre vie éthique et spirituelle ;
4 - Les enseignements chrétiens et juifs, qui nous appellent à répondre à l'amour de Dieu en aimant notre prochain comme nous-mêmes ;
5 - Les enseignements humanistes qui nous conseillent de bien maintenir une ligne conforme à la raison et aux résultats de la science, et nous mettent en garde contre les idolâtries mentales et de l'esprit ;
6 - Les enseignements spirituels des traditions centrées sur la Terre qui célèbrent le cycle sacré de la vie et nous demandent de vivre en harmonie avec les rythmes de la nature.

 

Ces principes et les sources de la foi sont l'épine dorsale de notre communauté religieuse.

Dimanche 27 mai 2012 7 27 /05 /Mai /2012 18:32
- Par Unitarian Universalist Association (UUA) - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Unitariens

robert_barclay_lumiere.jpg Robert Barclay, Georges Liens, Jeanne Henriette Louis, La lumière intérieure, source de vie. Présentation par Georges Liens et Jeanne Henriette Louis de l’ouvrage de Robert Barclay, « La Lumière intérieure source de vie : apologie de la vraie théologie chrétienne telle qu’elle est professée et prêchée par ce peuple appelé par mépris les Quakers », Amsterdam 1676, traduit en français en 1702, réédité chez Dervy en 1992 (dépôt légal 1993), dans la collection "Mystiques et religions", 415 pages, avec une présentation de l’œuvre qui fait un quart du volume à peu près.


Robert Barclay, célèbre quaker, est né en 1648 en Écosse, d'une famille riche et ancienne, et mort en 1690. Il embrassa en 1666 ainsi que son père, la doctrine des quakers ; se lia étroitement avec William Penn ; voyagea en Angleterre, en Hollande et en Allemagne, pour inciter des adhésions au quakerisme ; et écrivit plusieurs ouvrages dont le plus connu est l’Apologie de la véritable théologie chrétienne, telle que la professent ceux que par dérision on appelle Quakers, publiée à Amsterdam en 1676, en latin, et dédiée au roi Charles II d'Angleterre ; traduite en français en 1702.


La présentation de cet ouvrage fait mention des différentes tendances au sein de ce mouvement si attachant ; en voici des passages, concernant les relations entre le quakerisme et l’unitarisme :


« Au XVIème siècle apparurent les unitariens (appelés longtemps sociniens, du nom du principal d’entre eux, le Siennois Fausto Socin) qui, fermement attachés à l’unicité de Dieu entendue en son sens le plus rigoureux, rejetèrent le dogme de la Trinité, et par conséquent toute la christologie traditionnelle. Mais ils gardèrent toujours la plus grande vénération pour la personne même de Jésus. Ils voyaient en lui (avec des nuances d’interprétation qui pouvaient varier légèrement d’un penseur à l’autre) le « médiateur » dont parle I Tim. 2,5, l’être qui avait été chargé par Dieu de la plus haute mission providentielle au service de tous les hommes : leur révéler, par l’exemple de sa vie et par son enseignement, la Loi d’Amour dans toute sa plénitude.


Les premiers quakers, parce qu’ils paraissaient, à tort, négliger l’incarnation du « Christ historique » au profit du « Christ intérieur », furent très vite accusés d’unitarisme par leurs adversaires : cela explique le soin que met Barclay à affirmer la croyance des Amis en la plénitude de la divinité de Jésus.


Cependant, par la suite, au début du XIXème siècle, l’unitarisme influença effectivement le quakerisme aux Etats-Unis et y détermina, en 1827-1828, une scission radicale entre les Amis dits orthodoxes, qui s’étaient fortement rapprochés du protestantisme évangélique, et ceux de tendance unitarienne ou « libérale », appelés hicksites du nom de leur chef de file Elias Hicks (1748-1830). Après des dizaines d’années de rupture complète entre les deux groupes américains…ils se réconcilièrent peu à peu à partir de la fin du XIXème siècle, et reconstituèrent vers 1955 l’unité spirituelle de la société des Amis, chacun acceptant de respecter pleinement et sans arrière pensée les convictions de l’autre ...


C’est ainsi, que, parmi les quakers actuels, certains croient…que Jésus est véritablement le fils de Dieu dans le sens le plus traditionnel de cette expression ; et d’autres sont tout proches sur ce point des positions professées par Tolstoï ou par les protestants libéraux, tel le grand théologien Auguste Sabatier, et Albert Schweitzer : ils voient en lui un homme qui a été conscient à un degré exceptionnel, suréminent, de la présence de Dieu en lui comme dans tous les êtres humains, qui a vécu cette présence dans sa plénitude, et à travers qui le message divin – consigné par la suite dans les évangiles – s’est exprimé de la façon la lus parfaite….


Pareille diversité constitue la grande originalité du quakerisme actuel, et l’idéal des Amis est parfaitement résumé en peu de mots dans une formule célèbre qu’ils ont adoptée comme leur règle d’or : dans ce qui est essentiel : unité. Dans ce qui est secondaire : liberté. Mais en toutes choses : charité. »


Information transmise par Yves Lecornec le 15 mai au groupe de discussion « Unitariens francophones » (lien)

Lundi 16 mai 2011 1 16 /05 /Mai /2011 11:32
- Par Georges Liens et Jeanne Henriette Louis - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Religions en toute liberté

Résumé par Giacomo Tessaro de la conférence donnée par le révérend Roberto Rosso et Alessandro Falasca dans le cadre de la rencontre organisée par les unitariens italiens, à Servigliano (près de Fermo, dans la Marche, province du centre de l'Italie) les 25-26 septembre 2010 sur "Bracciforti et le Risorgimento (Renouveau) italien".

 

On peut croire que l'unitarisme en Italie est une histoire toute récente. Au contraire, les idées unitariennes, même si elles ne furent pas représentées par une “ institution “, remontent à la période du Risorgimento, laquelle fut particulièrement féconde d'élans et d'idées.


risorgimento1859.jpg La réaction contre l'absolutisme, très importante dans la pensée de tous les protagonistes de cette période, signifia aussi, et surtout, une réaction contre l'Église catholique, au moins contre certaines de ses caractéristiques, garante qu'elle était de l'absolutisme dans une grande partie de l'Europe. Si pour certains le refus du catholicisme signifia la perte de leur foi et un laïcisme absolu, d'autres cherchèrent des alternatives spirituelles, à savoir une foi qui s'accordât avec les nouveaux courants de pensée.

 

À côté des traditionnelles doctrines protestantes, représentées en Italie par l'ancienne Église vaudoise, doctrines qui exactement en cette période se propagent dans toute l'Italie, il naît une nouvelle pensée religieuse, appellée par ses adeptes “ unitarisme religieux “ ou bien “ christianisme des livres penseurs “. Un de ses plus grands représentants, Ferdinando Bracciforti, fonde à Milan un périodique, “ La Riforma del Secolo XIX “ ( La Réforme du XIX siècle ), porte-parole des naissantes idées unitariennes en Italie. Le titre même du périodique souligne une continuité avec la Réforme de Luther, mais aussi bien l'intention de la dépasser ; plus précisément l'intention de dépasser “ l'idolatrie de la Bible “, pas mieux, selon les unitariens, que l'idolâtrie de la hiérarchie et du pape, typique du catholicisme. Ils veulent créer une nouvelle “Religion de Dieu “, fondée sur l'essentiel du message chrétien et sur l'universalisme, c'est à dire reconnaître comme soeur et frère chaque être humain au-delà de la foi professée.

 

ndlr - Voir notre article "Les unitariens à Milan en 1875", sur ce même site et à la date du 7 mai 2007 ( lien).  En 1896, Fernandino Bracciforti publiera à Milan "Cristo Redentore anche senza miracoli" (Le Christ résdempteur aussi sans miracle - mais on pourrait tout aussi bien traduire par  "le Christ sans rédemption ni miracles").

 

Quels sont les autres fondements de cette foi unitarienne ? Avant tout, le panenthéisme ; les lois de la Nature sont un exemple de la perfection de la création divine et de la présence dans toute la Création d'une source divine, des formes de vie les plus simples (les plantes) aux plus complexes (l'Homme). De cette conception vient le refus des miracles, sur lesquels se fonde une grande partie du catholicisme ; l'oeuvre de Dieu, la Nature, est en effet parfaite comme elle est, et elle n'a pas besoin d'être corrigée.


En second lieu, l'universalité du message de l'Esprit, abstraction faite des formes qu'il assume dans les diverses cultures, et des convictions individuelles. Cette idée se concrétise dans le refus de tous les dogmes traditionnels, comme celui de la Trinité ; Bracciforti pense que ce dernier n'est pas confirmé par les Ecritures. La foi doit s'émanciper, doit grandir, quitter les certitudes sécurisantes des dogmes pour adopter un esprit de recherche, prêt à retrouver dans toutes les traditions les germes de l'Esprit sans renier le message chrétien.


La conviction de l'absolue humanité de Jésus s'explique aussi par le fait que s'il était le Fils de Dieu, donc évidemment un être parfait et sans péché, il ne pourrait pas montrer la voie à des êtres humaines, imparfaits et plongés dans le péché, que ceux-ci puissent à leur tour parcourir. Par ailleurs, la mort de Jésus n'a aucun valeur de salut ; personne ne peut pas expier les péchés d'autres hommes, et la conception même d'expiation est critiquée.


En conclusion, le message de Jésus devient, dans la perspective unitarienne, une invitation à la libre communion universelle des vraies valeurs religieuses : amour, vérité et esprit.

Lundi 4 octobre 2010 1 04 /10 /Oct /2010 00:01
- Par Giacomo Tessaro - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Religions en toute liberté

Source : informations trouvées par Pascal Acker “The Unitarian advocate and religious miscellany”, volumes 5-6, pages 186 et 189 (lien). Traduction courante par Jean-Claude Barbier.

Voir notre article précédant : "Des unitariens à Paris en 1831" à la date du 7 mai 2007 (lien).


WORSLEY, ISRAEL (1768-1836), ministre unitarien, est né à Hertford en 1768. Son grand-père, John Worsley fut pendant 50 ans successivement instituteur en cette ville et auteur d’une grammaire (en 1736) et d’une traduction du Nouveau testament qui fut publiée à titre posthume et grâce à une souscription en 1770, trois ans après sa mort en 1767. Son père fut lui aussi instituteur durant 30 ans à Hertford et publia une grammaire latine.


Israel Worsley entra au lycée de Daventry (Daventry Academy) en 1786, sous Thomas Belsham, lequel en fit un unitarien. En décembre 1790, une société de marchands anglais de Dunkerque l’engagea comme ministre du culte car il n’y avait pas, en cette ville, de culte en leur langue. Le culte devait être mené avec un “livre de prières communes composé pour l’Eglise anglaise à Dunkerque avec une collection de psaumes”, lequel livre fut édité à Dunkerque en 1791 (et sera republié en 1848). I. Worsley ouvrit une école, mais il dût quitter la ville en 1793 à cause de la guerre [le Blocus de l'Angleterre par Napoléon] et ne put y revenir qu’après la signature de la paix d’Amiens en 1802, mais il y fut arrêté lors d’une reprise des hostilités l’année suivante.


Paris_-_Passage_de_Choiseul_03.jpg Finalement, il put s’échapper vers la Hollande, puis on le retrouve de 1806 à 1813 comme ministre à Lincoln en Angleterre, puis de 1813 à février 1831 à Plymouth (où il créa une mutuelle de solidarité et une librairie de livres religieux). C’est alors qu’il quitte Plymouth avec toute sa famille pour un séjour de 6 mois à Paris. Le contexte le persuada que l’implantation d’un lieu de culte unitarien était possible : celui-ci fut ouvert en juin 1831 (le premier culte eut lieu le dimanche 12 juin, au n° 12 de la rue de Choiseul, au S-E de l’Opéra de Paris.

 

le passage de Choiseul (distinct de la rue de Choiseul, mais dans le même quartier)


En janvier de l’année suivante (en 1832) une association (French Unitarian association traduit en français par Association unitaire française AUF) (lien) fut fondée avec siège à la rue de Provence * afin d’être habilitée à diffuser publiquement des textes (“tracts” en anglais). Elle rechercha un pasteur français afin de prêcher alternativement avec I. Worsley et de permettre à ce dernier d’aller en province pour étendre l’association (lien). Mais une épidémie de choléra dispersa malencontreusement la congrégation naissante, les cultes durèrent toutefois jusqu’en juin 1833.

* La rue de Provence court, d'ouest en est, de la Gare Saint Lazare à la rue du Faugbourg Montmartre


De retour en Angleterre, il fut de nouveau ministre à Lincoln, à partir de juin 1833. Il mourut au Havre le 3 septembre 1836 [ndlr : ultime séjour ou bien de passage ? ]. Son fils, William Worsley (1796-1881) fit des études au Manchester College de 1816 à 1819, et fut ministre unitarien à Thome (1819-1822), Hull (1822-1825), et Gainsborough (1825-1875).


En plus de sermons, de tracts et de livres scolaires, il publia :

1. 'Account of the State of France . . . and the Treatment of the English' 1806

2. 'Memoir of Jacob Brettell' Lincoln, 1810

3. 'Observations on ... Changes in the Presbyterian Societies of England' 1816 (intéressante pour une histoire de l'unitarisme)

4. 'Lectures on ... Nonconformity' 1823, réédité en 1825

5. 'View of the American Indians . . . the Descendants of the Ten Tribes of Israel' 1828.


Dimanche 11 avril 2010 7 11 /04 /Avr /2010 08:27
- Par La Besace des unitariens - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Unitariens
note de Pascal Acker, le 30 décembre 2009

Aux Etats-Unis, l'évangélisme apparaît avec le Réveil protestant du début du XIXème siècle. La distinction est bien établie dès 1815 entre libéraux (dont les universalistes, de l’Eglise universaliste américaine, et les unitariens), évangéliques (adeptes de ce Réveil centré sur un Jésus rédempteur et trinitaire) et "orthodoxes" (à savoir les conservateurs au sein de toutes les Eglises). Cet évangélisme n'est pas le pentecôtisme, qui, lui, naîtra au début du siècle suivant. Ces chrétiens "évangéliques" pouvaient être luthériens, réformés, méthodistes, baptistes ou anglicans. 

Au milieu du XIXème siècle, les tensions entre les chrétiens libéraux et unitariens, d’une part, et les chrétiens "évangéliques" d’autre part, étaient suffisamment vifs pour que cela se répercuta au niveau des mouvements de jeunesse. A partir de 1852 des Young Men's Christian Unions (YMCU) furent fondées (soit une dizaine d'associations dans le NE des USA, des années 1850 à 1900) après que la Young Men's Christian Association (YMCA) de Boston (qui existe toujours) refusa jusqu'en 1931 l'adhésion des "libéraux", à savoir des chrétiens qui se refusaient aux professions de foi au nom de la liberté de conscience.

Le "test de Portland" ou "base de Portland" stipulait que "seuls ceux qui professent aimer et avouent publiquement leur foi en Jésus, le Rédempteur, comme étant de nature divine, et qui témoignent de leur foi en devenant et en restant membres d'Eglises qui sont tenues comme "évangéliques", et aucune autres, peuvent être autorisés à voter et exercer des fonctions". Avec les libéraux, les catholiques, puis les Mormons furent non desiderata. Cette profession de foi évangélique resta exigée jusqu'en 1931.

YMCU-Boston.JPG Les YMCU conservèrent leur totale indépendance tant par rapport à l’American Unitarian Association (AUA) que de l’Universalist Church of America (UCA), mais elles sombrèrent avec la Guerre de Sécession, les jeunes ayant été recrutés pour la guerre où s'étant portés volontaires. Seule la YMCU de Boston, la BYMCU, repris courageusement ses activités en 1868.

La fusion en 1961 entre l’AUA et l’UCA et la naissance consécutive de l’Unitarian Universalist Association (UUA) ne mit pas fin à son existence, mais elle semble avoir cessé ses activités suite à la vente d'une bonne partie de son quartier général bostonien et de sa colonie de vacances du New Hampshire en 1993 (à une heure de route de Boston). Les infrastructures sportives existent toujours et fonctionnent sous un autre nom. Je ne sais pas s'il s'agit d'un simple changement de nom ou d'une cession de ses activités. Le bâtiment du siège, dont la façade (illustration jointe) est d'architecture gothique, est, quant à lui, classé et abrite aussi des services administratifs du Emerson College. La BYMCU ("B" pour Boston) aura marqué la vie bostonienne pendant plus de 150 ans (lien). Depuis 2003 elle s'appelle Boyslton Street Athletic Club (BSAC) (lien).

Entre temps, à la fin du XIXème siècle, sans doute pour élargir les mouvements de jeunesse aux jeunes filles, l’UCA (les universalistes) fonde en 1896 la Young People's Christian Union et l’AUA, deux ans plus tard, en 1898, la Young People's Religious Union ; toutes deux étaient statutairement indépendantes par rapport à leur Eglise respective.

Mais, les deux mouvances évoluant d’une façon semblable en s’ouvrant à des agnostiques et à des «humanistes» (non théistes adhérant à une dimension spirituelle de la vie), les deux organisations de jeunesse fusionnèrent en 1953, soit 8 ans avant les 2 Eglises, au sein de la Liberal Religious Youth (LRY). Mais, souvent en conflit avec les adultes de l'Unitarian Universalist Association (l’association qui était résultée de la fusion des deux Eglises), la LRY fut dissoute en 1982 et remplacée par les Young Religious Unitarian Universalist (YRUU), toutefois les relations semblent être restées un peu difficiles.

Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /Jan /2010 18:42
- Par Pascal Acker - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Religions en toute liberté
ferenczjozsef.jpg József Ferencz, né en 1835, fut évêque de l'Eglise unitarienne de Transylvanie de 1876 à sa mort en 1928. Il écrivit entre autres un "Catéchisme unitarien hongrois" en 1864 qui, en 1991 connaissait sa 20ème édition, et, en 1907, "A Short Account of the Unitarian Church of Hungary", aux éditions Jókai.

Ce texte, en anglais, vient d'être numérisé par Google pour le compte de l'American Libraries, à partir d'un ouvrage de la collection "Americana" de l'université de Harvard. Il est donc entièrement consultable sur site.
http://www.archive.org/details/ashortaccountun00feregoog  

La Transylvanie faisait naguère partie de la Hongrie ; d'où le titre.

Cette information nous a été communiquée par le révérend Roberto Rosso (Italie).
Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /Jan /2010 13:23
- Par Joseph Ferencs - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Unitariens

par Christian Baert (Gironde, France), texte envoyé à La Besace le 4 janvier 2009

Si vous croyez sincèrement à la Trinité, vous n’êtes pas le seul. Au sein de la chrétienté des centaines de millions de personnes sont dans votre cas. D’ailleurs, peut-être avez-vous toujours été persuadé que cette doctrine était fondée sur la Bible. Mais savez-vous exactement en quoi elle consiste ? Vous en faites-vous une idée bien claire ? Seriez-vous capable de l’expliquer à quelqu’un d’autre ?

représentation de la Trinité à la faculté de théologie catholique du Québec (UQTR), Montréal

Le symbole d’Athanase, qui constitue l’une des premières professions de foi complètes touchant la Trinité, la définit par ces mots :


"Du Père, du Fils et du Saint-Esprit, une est la divinité, égale la gloire, coéternelle la majesté. (...) Semblablement, tout-puissant le Père, tout-puissant le Fils, tout-puissant le Saint-Esprit. (...) Dieu est le Père; Dieu, le Fils; Dieu, le Saint-Esprit: et il n’y a pas trois Dieux, mais un seul Dieu. (...) Et dans cette Trinité, rien n’est premier ou dernier, rien n’est plus grand ou plus petit; mais toutes les trois personnes sont co-éternelles et co-égales."


Ainsi donc, suivant ce dogme le Père, le Fils et le Saint-Esprit seraient égaux par la puissance, par l’autorité et par l’éternité. Cependant, la question cruciale est la suivante : si l’on en juge d’après leur enseignement, Jésus Christ et ses apôtres, eux, croyaient-ils à la Trinité ? Quiconque répond par l’affirmative se heurtera à un grand nombre de problèmes pour le moins délicats.


Par exemple, en Marc 13:32 Jésus déclare: "Ce jour ou cette heure [ceux de l’exécution du jugement divin], nul ne les connaît, ni les anges du ciel, ni le Fils, personne sinon le Père." Pourtant, si le Père et le Fils sont coégaux, comment celui-ci peut-il ignorer ce que celui-là connaît ? À quoi d’aucuns rétorqueront : ‘C’est que Jésus réunissait en lui deux natures. Dans ce passage, il s’exprime en tant qu’homme.’ Toutefois, quand bien même il en serait ainsi, que penser du "Saint-Esprit"? S’il constitue vraiment la troisième personne de la Trinité, pourquoi n’est-il pas dit qu’il partage la connaissance du Père ? La solidité d’une chaîne dépend toujours de son maillon le plus faible. Or le "Saint-Esprit", ne l’oublions pas, fait partie intégrante de la "chaîne" ou du concept trinitaire.


De même, quelque temps auparavant Jésus avait prononcé ces paroles: "Nul ne connaît qui est le Fils, si ce n’est le Père, ni qui est le Père si ce n’est le Fils." (Luc 10:22). Là encore, pourquoi n’est-il pas question du "Saint-Esprit"? S’il s’agit d’une personne consciente appartenant à la "divinité", coégale au Père et au Fils, pourquoi ne pénètre-t-elle pas ce que l’un et l’autre connaissent ?


Plus de 20 ans après la mort de Jésus et son ascension au ciel, l’apôtre Paul écrira : "‘Qui connaît la pensée du Seigneur [le Père]? Qui peut lui donner des conseils?’ Mais nous, nous avons la pensée du Christ." (1 Corinthiens 2:16, Bible en français courant). Comment peut-on posséder "la pensée du Christ" et néanmoins ignorer la "pensée du Seigneur" si le Père et le Fils sont réellement coégaux?


En Proverbes 8:22-24 nous lisons: "Le Seigneur m’a créée il y a très longtemps, comme la première de ses œuvres, avant toutes les autres. J’ai été établie dès le début des temps, avant même que le monde existe. Quand je suis née, il n’y avait pas d’océans." (Bible en français courant). Les premiers chrétiens avaient bien compris que cette description de la sagesse personnifiée désignait le Christ. Ainsi Edmund Fortman, bibliste trinitaire, écrivait : "Paul l’applique [Proverbes 8:22-31] au Fils de Dieu. Les apologistes l’ont invoqué pour démontrer devant Gentils et Juifs la préexistence du Verbe et le rôle qu’il a joué dans la création." (Voir Colossiens 1:15-17; Apocalypse 3:14). Mais si Jésus a commencé d’exister à un moment précis, s’il a été ‘créé’, ‘établi’, s’il est ‘né’ 's'il fut engendré' bien longtemps avant le début de sa vie terrestre, comment serait-il égal à son Père en éternité ? Au reste, seule une créature (autrement dit quelqu’un qui a eu un commencement) pouvait dire: "Je vis à cause du Père." (Jean 6:57,
Darby).


À maintes reprises, Jésus appela son Père "mon Dieu", et ce, même après sa résurrection et sa glorification au ciel (Matthieu 27:46; Jean 20:17; Apocalypse 3:2, 12). Or on ne considère quelqu’un comme ‘son DIEU ’ que lorsqu’on lui est inférieur et qu’on se compte parmi ses adorateurs. D’ailleurs, pourquoi le Père n’a-t-il pas employé une seule fois les mots "mon Dieu" en s’adressant à son Fils ? Comment se fait-il que ni le Père ni le Fils n’aient jamais appelé le "Saint-Esprit" "mon Dieu" ?


Si nous pensons que Jésus et DIEU sont le même personnage alors pourquoi Jésus à dit : "Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui." (Jean 14:23)

Lorsque Jésus à dit : "le Père est plus grand que moi "(Jean 14:28)

Pourquoi Jésus a dit : "mais je ne suis pas seul, car le Père est avec moi." (Jean 16:32)

Et encore : "Celui qui m'a envoyé est avec moi, il ne m'a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable." (Jean 8:16, 29)

Et :" Je parle selon ce que le Père m'a enseigné." (Jean 8: 28)

Lorsque Jésus parlait, c'est souvent qu'il parlait en donnant des images de la vie courante. Quand il parle de la vigne, il dit : "Je suis le vrai cep et mon Père est le vigneron " (Jean 15:1) Ne mentionne-t-il pas deux entités différentes. Le Vigneron qui est DIEU son Père et lui-même comme étant le cep de la vigne. Et il précise pour que nous fassions biens la différence :"Je suis le cep et vous êtes les sarments." (Jean 15:5).


Voilà qui donne à réfléchir, n’est-ce pas ?


Des
réactions qui brillent par leur absence


Si nous pensons que Jésus Christ se croyait égal à Dieu et qu’il se présentait comme tel, il nous faudra élucider un autre mystère: Pourquoi le "Nouveau Testament" ne fait-il pas la moindre allusion aux effets qu’un tel enseignement a nécessairement produits ? Mais quels effets ?, direz-vous !


Réfléchissez tout d’abord à l’impact que cette révélation aurait dû avoir sur les disciples de Jésus. Au début, ils voyaient sans doute en leur Maître un homme comme un autre, (voir Marc 6:3). Supposons maintenant qu’à un moment donné celui-ci leur ait appris qu’il était DIEU. Comment auraient-ils réagi ? Comment réagiriez-vous vous-même si vous compreniez soudain que vous vous trouvez devant DIEU en personne ?


À cette idée, Andrews Norton, l’un des premiers professeurs de l’École de théologie de Harvard, s’exclamait au siècle dernier: "Nous serions bouleversés, envahis par une indicible stupéfaction!" Et si nous nous rendions compte que nous nous sommes effectivement tenus en présence de DIEU, "nous ne cesserions de le proclamer avec le plus de force possible chaque fois que nous aurions l’occasion de parler de lui".


Mais, en toute objectivité, remarquons-nous une telle stupeur chez les disciples de Jésus lorsque nous lisons les Évangiles? Certains allégueront peut-être que pour les épargner Jésus ne leur a révélé que progressivement son identité véritable. Néanmoins, dans ce cas, pourquoi ne rencontre-t-on toujours aucune trace de leur surprise dans les lettres du "Nouveau Testament", qui ont pourtant été écrites des années après la mort et la résurrection du Christ? Leur silence ne paraît-il pas inexplicable ?


En outre, si Jésus s’était identifié à DIEU, cela aurait entraîné d’autres conséquences encore plus grandes. Pour les Juifs, qui croyaient que ‘le SEIGNEUR (...) est le SEIGNEUR UN, ou "le SEUL Seigneur", dire que le Christ était égal à DIEU en tant que deuxième personne de la Trinité revenait à blasphémer. "YaHWeH est notre DIEU, YaHWeH est un seul et unique" (Deutéronome 6:4). En Hébreux :"Yehwah 'Elohénou Yehwah 'éhadh."


Voilà qui soulève deux questions :


1) Pourquoi les rédacteurs du "Nouveau Testament" n’ont-ils pas expliqué, clarifié, commenté et défendu tant et plus cet enseignement si difficile à accepter pour les Juifs devenus chrétiens ? De toutes les doctrines chrétiennes, la Trinité aurait sans doute été celle qui méritait le plus d’éclaircissements.


2) Par ailleurs, pourquoi les Juifs incroyants qui combattaient farouchement et passionnément le christianisme ne se sont-ils pas élevés contre ce dogme qui aurait dû leur paraître monstrueux. Aucun article de foi ne pouvait déchaîner plus de polémiques que celui-là.


C’est ce qui a amené le professeur Norton à faire cette remarque :
"Si d’autres questions beaucoup moins délicates (par exemple la circoncision des non-Juifs convertis) ont engendré tant de doutes et de controverses que l’autorité des Apôtres suffisait à peine à faire triompher la vérité, il semble que cette doctrine [la Trinité] pourtant si étrange, si choquante et si invraisemblable a été introduite dans le silence le plus complet et adoptée sans hésitation, sans manifestations d’aversion, sans hostilité et sans aucun malentendu."


Voilà qui est à tout le moins troublant.


Ainsi donc, pourquoi les rédacteurs du "Nouveau Testament" n’ont-ils pas jugé bon d’expliciter la Trinité ? Pourquoi les Juifs opposés au christianisme n’ont-ils pas songé à la dénigrer ? Tout simplement parce que ni Jésus ni ses apôtres n’ont enseigné cette doctrine à laquelle la chrétienté souscrit maintenant dans son ensemble. Dans ce cas, d’où vient-elle ?


La
doctrine de la Trinité honore-t-elle DIEU ?


‘La Trinité a été reçue plus tard par la tradition, bien qu’elle ne soit pas définie par l’Écriture’, diront certains. Toutefois, comment concilier pareille origine avec cette déclaration de Paul consignée en Galates 1:8 " Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons prêché, qu'il soit anathème ! "


La Bible avait prédit une période d’apostasie où beaucoup s’éloigneraient du vrai christianisme. Nous lisons: " Mais l'Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s'attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons" (1Timothée 4:1). Puisque, d’après la Nouvelle encyclopédie catholique (angl.), la doctrine de la Trinité n’a pas été établie avant "le dernier quart du quatrième siècle", il convient que nous nous posions ces questions : Se pourrait-il que le dogme de la Trinité soit le fruit de cette apostasie ? S’agirait-il là d’une ‘doctrine inspirée par les démons’ ?


On peut en juger d’après les fruits que cet enseignement a portés. Lorsque les Juifs l’accusèrent d’être possédé du démon, Jésus répliqua: "Non, je ne suis pas un possédé; mais j’honore mon Père." (Jean 8:49). Que dire de la doctrine de la Trinité sous ce rapport ? Vous a-t-elle rapproché du Dieu de la Bible ? A-t-elle honoré DIEU en aidant les hommes à entretenir des relations plus étroites avec lui ? Laissons répondre les faits.


"La doctrine de la Sainte Trinité est extrêmement difficile à expliquer, et personne ne la comprend", reconnaissait un dignitaire catholique. Pourtant, toute personne sensée souhaite fonder sa foi sur des explications logiques. Est-il donc normal qu’un concept du Créateur soit inexplicable ? DIEU peut-il être honoré par une croyance que ‘personne ne comprend’ ? Les vrais chrétiens doivent connaître le DIEU qu’ils adorent. Le mystère n’a pas sa place dans leur foi. (Jean 17:3)


Qui plus est, au lieu de rapprocher les hommes du Père, la doctrine de la Trinité a un effet de reléguer ce dernier à l’arrière-plan. Par exemple, la tradition protestante l’a plongé dans une obscurité quasi totale. Pour vous en convaincre, demandez à ceux qui proclament "Louez le Seigneur!" à qui ils pensent quand ils s’expriment ainsi, et vous obtiendrez presque toujours cette réponse: "À Jésus Christ, bien sûr !"


Plus
près de DIEU... ou de Marie ?


Dans la tradition catholique, cette situation s’aggrave du fait que Marie est vénérée comme "Mère de Dieu", "Médiatrice de toutes les grâces", "Co-rédemptrice" et "Reine du ciel". Or tous ces titres sont autant de conséquences logiques du dogme de la Trinité. Témoin cette explication de la Nouvelle encyclopédie catholique : "Pour que Marie soit vraiment la mère de Dieu, il faut que les deux conditions suivantes soient remplies: qu’elle soit réellement la mère de Jésus et que Jésus soit réellement
  DIEU"


Pour montrer combien le Père a été éclipsé, citons cette satire où Pierre Bayle, protestant français du XVIIe siècle, s’étonnait qu’on n’ait pas encore décrit Dieu confiant l’univers à Marie, en disant

"que depuis ce jour-là, Dieu ne se mêlait de rien, et se reposait de tout sur la vigilance de Marie ; que les ordres avaient été expédiés à plusieurs anges d’aller notifier sur la terre ce changement de gouvernement, afin que les hommes sussent à qui et comment il fallait avoir recours à l’avenir dans les actes d’invocation, que ce n’était plus (...) à la Sainte Vierge comme à une Médiatrice, ou à une Reine subordonnée, mais comme à l’Impératrice souveraine et absolue de toutes choses". (Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle, repris par Arnold Toynbee dans son livre La religion vue par un historien).

Par contraste, rappelons que YaHWeH réclame un attachement exclusif (Exode 20:5). Il a d’ailleurs formulé cet avertissement: "Je ne donnerai ma gloire à personne." (Ésaïe 42:8,
Crampon-Tricot).

 

Dès lors, tout montre qu’au lieu d’honorer DIEU en aidant les humains à s’approcher de lui, la doctrine de la Trinité l’a présenté sous un jour complètement faux. Il est donc évident que ses premiers défenseurs étaient des apostats, des individus qui s’étaient détournés du vrai christianisme.


D’où
vient-elle ?


Le fait est qu’on adorait des trinités bien avant l’avènement du christianisme. Par exemple, cette notion était très répandue dans les mythologies égyptienne et babylonienne. Mais comment s’est-elle introduite dans la chrétienté ? Le livre Histoire du christianisme (angl.), publié par Peter Eckler, nous l’explique en ces termes :


"S’il est vrai que le christianisme a triomphé du paganisme, il n’en demeure pas moins que le paganisme a réussi à corrompre le christianisme. L’Église de Rome a remplacé le déisme pur des premiers chrétiens (qui se différenciaient seulement de leurs compatriotes juifs en ce qu’ils saluaient Jésus comme le Messie promis) par l’incompréhensible dogme de la Trinité. Pareillement, de nombreuses doctrines païennes inventées par les Égyptiens et idéalisées par Platon ont été adoptées parce que considérées comme dignes de foi."


Cependant, étaient-elles réellement "dignes de foi" ? Qu’en pensez-vous ? Jésus Christ a déclaré on ne peut plus clairement que ses vrais disciples ‘adoreraient le Père en vérité’. (Jean 4:23, 24.) Oui, notre culte doit être conforme aux vérités énoncées dans la Parole de Dieu, la Bible. Pour ce faire, il importe que nous reconnaissions en Jésus Christ, non pas Dieu le Fils, mais "le Fils de Dieu". (Jean 20:31; 1 Jean 4:15.) Et de ce fait, il est également nécessaire et important que nous rejetions tous les mensonges issus du paganisme. (voir, le culte des images, des statues, de toutes représentations ou pratiques religieuses, le chapelet, l'encens, les cierges, ou cérémonies qui n'ont rien à voir avec ce que relate LA BIBLE.


[Note]


Sauf indication, les passages bibliques cités sont tirés de la Traduction Œcuménique de la
Bible.

Certains invoqueront le texte de Jean 5:17, 18 où nous lisons: "‘Mon Père, jusqu’à présent, est à l’œuvre et moi aussi je suis à l’œuvre.’ Dès lors, les Juifs n’en cherchaient que davantage à le faire périr, car non seulement il violait le sabbat, mais encore il appelait Dieu son propre Père, se faisant ainsi l’égal de Dieu." Cependant, Jean rapporte ici l’interprétation erronée que les Juifs avaient faite des paroles de Jésus. Ce sont eux qui en avaient déduit à tort qu’il se faisait "l’égal de Dieu". La preuve en est qu’ils l’accusaient également de violer le sabbat, ce qui était tout aussi faux. Voir Matthieu 5:17-19.

Pourquoi les Juifs qui s’opposaient au christianisme ne se sont-ils pas élevés contre cette doctrine qui aurait dû leur paraître monstrueuse ?


sont-ils passés ?

Les paroles consignées en Matthieu 24:36 au sujet de la date de la "grande détresse" ou "grande tribulation" se lisent ainsi dans la "Bible Crampon": "Quant au jour et à l’heure, nul ne les connaît, pas même les anges du ciel, mais le Père seul." Vous aurez remarqué que les mots "ni le Fils" sont omis, bien qu’ils figurent dans la plupart des autres versions. Pourquoi ? De toute évidence, ce verset gênait les tenants de la Trinité. En effet, comment le Fils pouvait-il ignorer ce que le Père savait, si l’un et l’autre étaient coégaux? Dans un commentaire sur Matthieu 24:36, l’ouvrage intitulé "Le codex Sinaïticus et le codex Alexandrinus" (angl.), publié par les conservateurs du British Museum, donne cette explication: "Le Sinaïticus et le Vaticanus [des manuscrits de la Bible] ajoutent ‘ni le Fils’ après ‘ciel’. Ces mots, qui constituent manifestement la leçon originale, ont été supprimés de crainte qu’ils ne provoquent une méprise do
ctrinale."

Lundi 5 janvier 2009 1 05 /01 /Jan /2009 17:56
- Par Christian Baert - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Religions en toute liberté

POEME UNITARIEN

  

Oh je sais

Que vous croyez

En des choses

Qui me sont étrangères

Je ne me ferai jamais

A votre Trinité

L'Esprit

Le Fils

Le Père

A moins d'en faire

Les éléments

Premiers d'un inventaire

Y ajoutant

Pour s'amuser

Ou passer le temps

Des marrons glacés

Des filles de joie

La guerre des Roses

Une meute aux abois

Un hommage à Prévert

 

Je ne me ferai jamais

A l'idée qu'un humain

Fût-il Jésus

de Gaulle

César

Staline

Hitler

Se prenne pour Dieu

 

Je crois simplement

Que sans nuages

Le ciel est bleu

Que la soupe peut manquer de sel

Que l'abeille fournit le miel

Qu'un épais brouillard

Est une purée de pois

Et qu'il est grand temps

Que sonne le glas

Des délires pieux

   

Jacques Herman

© La Besace des unitariens, 2008

 

Mardi 16 décembre 2008 2 16 /12 /Déc /2008 03:00
- Par Jacques Herman - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Religions en toute liberté

Les unitariens étaient nombreux parmi les membres de la Société lunaire, cette société savante anglaise, de la fin du 18ème siècle, à laquelle appartenaient des hommes de science aussi prestigieux que James Watt (l’inventeur de la machine à vapeur) ou le chimiste Joseph Priestley (qui isola l’oxygène pour la première fois). Priestley lui-même fut ministre du culte et défenseur ardent de l’unitarisme.

A cette même société, qui se réunissait les soirs de pleine lune dans la région de Birmingham, appartenaient aussi les deux grands-pères de Charles Darwin : Erasmus Darwin, médecin, naturaliste, libre penseur et franc-maçon, et Josiah Wedgwood, qui initia la fabrique de porcelaine Wedgwood dont la renommée s’étendit jusqu’à la cour des rois.

Josiah était notoirement unitarien. Il en fut de même pour la majorité de ses enfants et en particulier pour sa fille Susanah, la mère de Charles Darwin. Charles, enfant, accompagna sa mère à l’église unitarienne de Shrewsbury (Le souvenir nous en est rappelé par une plaque présente aujourd’hui dans cette église).
Susanah mourut lorsque son fils avait huit ans. Par la suite, Charles s’éloigna de cette Eglise et, lorsqu’il envisagea de devenir pasteur, il choisit l’Eglise officielle : l’Eglise d’Angleterre. Mais il ne devint jamais pasteur et, après son long périple autour du monde, se contenta d’être naturaliste à la campagne.


Il retrouva l’Eglise unitarienne en épousant sa cousine Emma Wedgwood, elle aussi petite-fille de Josiah Wedgwood. A l’époque de son mariage, déjà, il s’était éloigné des convictions qui avaient fait de lui un fervent adepte de la " théologie naturelle ", cette théologie qui prévalait au 18ème siècle et qui expliquait tous les ajustements de la Nature par l’Intelligence de Dieu. Avec le temps, il allait montrer que la sélection naturelle peut, dans la durée, rendre compte de ces adaptations si caractéristiques dans le monde vivant. Sur le plan religieux, il devenait agnostique.

Emma, sa femme, souffrit de cet abandon de la foi par son mari, mais elle ne fit pas d’objections à ses recherches "  vous ne pouvez être dans l’erreur ", lui écrivait-elle,lorsque vous agissez selon votre conscience, souhaitant, en vous y efforçant sincèrement d’atteindre la vérité ".
Ne sachant plus s’il croit encore au Dieu créateur, Darwin défendra cependant jusqu’au bout ce qu’il appelle " la forme religieuse la plus élevée " : " l’idée d’un Dieu abhorrant le péché et aimant la justice ".

Alors que nombre de ses partisans (eugénistes), dans la seconde partie de 19ème siècle, verront les pauvres et les indigents comme des ennemis de la société, Darwin, lui, affirmera sa compassion : " Nous ne saurions restreindre notre sympathie, en admettant même que l’inflexible raison nous en fit une loi, sans porter préjudice à la plus noble partie de notre nature ".
N’avons-nous pas là l’écho de ce que Darwin entendit dans la bouche de sa mère et dans celle de sa femme ?

A l’heure où des chrétiens fanatisés s’attaquent à Darwin comme à un suppôt de Satan, on peut espérer que l’Eglise unitarienne, historiquement si proche de la science, tiendra
toute sa place, entre autres à Shrewsbury en particulier, lors des évènements qui célèbreront le bicentenaire de la naissance de Charles Darwin, l’homme qui écrivit L’Origine des espèces !

texte de Christiane Silliau, Grande-Bretagne, envoyé à la Correspondance unitarienne le 2 octobre 08. Les domaines de  compétence de l'auteur sont la biologie et la philosophie des sciences ; elle s'intéresse entre autres à Emma Darwin et à Jérôme Monod. 
 

Vendredi 3 octobre 2008 5 03 /10 /Oct /2008 12:58
- Par Christiane Silliau - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Religions en toute liberté

La vie du pasteur Joseph Tuckerman (18 janvier 1778 - 20 avril 1840 ) illustre bien ce qu'était la philanthropie de l'Eglise unitarienne américaine du début du XIX ème siècle. Pasteur unitarien, débordant largement le cadre d'un ministère classique, il a fondé et dirigé "The Benevolent Fraternity of Unitarian Churches" (la Fraternité de bienfaisance des Eglises unitariennes). Réputé pour son action innovatrice auprès des pauvres de Boston et son militantisme en faveur des réformes sociales, il fut appelé "le père de l'action sociale américaine".

Joseph était fils d'un important propriétaire terrien, entrepreneur et fondateur de la première assurance américaine contre l'incendie. Après une enfance normale, il fit ses études universitaires à Harvard où il partagea sa chambre avec William Ellery Channing et Joseph Story (plus tard président de la Cour suprême du Massachusetts) qui devinrent ses amis pour la vie entière. Selon Channing, Tuckerman fut un étudiant ordinaire, sans solide projet de vie, et les trois années passèrent comme des vacances.

Il fut diplômé en 1798 et, après quelques autres études, fut intronisé pasteur à Rumney Marsh (actuellement Chelsea), tranquille village d'agriculteurs où il officia durant 25 ans. En 1824, Harvard le récompensa de son long service à Chelsea en lui décernant le diplôme de DD.(Doctor of Divinity, grade honorifique). Il reste peu de ses sermons de cette époque. Son pastorat ne fut sans doute pas remarquable, excepté son enthousiasme pour le travail auprès des marins qui demeuraient à Chelsea entre leurs voyages. Il consacrera d'ailleurs plus tard son travail social en tant que pasteur à Boston auprès des marins et de leurs familles itinérantes.

La gorge fatiguée il du cesser de prêcher en 1826. Il accepta alors l'invitation d'une association dirigée par Channing et qui regroupait des pasteurs en vue d'entreprendre un ministère pour les pauvres. La nouvelle Association unitarienne américaine (AUA), association sans but lucratif crée en 1825 pour promouvoir le travail missionnaire, assuma rapidement la responsabilité de l'ensemble de son ministère pour Boston. L'AUA versait à Tuckerman un salaire de 600 dollars par an.

Lorsqu'il commença ce ministère, Boston était en train de passer d'une petite ville commerciale d'import-export à une cité industrielle. L'afflux de paysans et émigrants pauvres changea l'aspect des basses classes de la société bostonienne. Les Eglises congrégationalistes et unitariennes étaient mal préparées et, de toute façon, mal disposées à aider des gens dont la pauvreté était censée provenir du péché, de la dissipation et autres vices.

Tuckerman voulait mettre en application les principes des chrétiens unitariens libéraux, à savoir que les humains étaient perfectibles quelles que soient les circonstances, que les privilégiés avaient une responsabilité morale et devaient s'occuper à résoudre les problèmes des citoyens ; on trouvait Dieu en chaque être humain. L'amour des autres était la plus grand preuve d'une vie chrétienne. "Il n'y avait pas d'être humain dépravé qui le soit complètement". Le christianisme devait permettre à chacun d'atteindre les plus hauts degrés de la perfection morale.

Avant de commencer son travail il fit des recherches sur la question sociale. Il lut les œuvres de philosophes européens comme Thomas Chalmers et Baron Degerando, étudia ce qui se faisait en Angleterre et en Europe continentale. Il continuera ses recherches tout au long de sa vie.

Au début il ne savait pas très bien quelle forme prendrait son ministère. Il allait simplement dans les rues de Boston, spécialement dans les environs des docks. Il se présentait aux gens qu'il pensait pauvres d'après leur habillement et leur conversation, s'invitait chez eux et parlaient avec les maris, les femmes, les enfants. Quelquefois il leur proposait de l'aide, un peu de bois, un peu d'argent ou des vêtements et établissait ainsi des liens de confiance et d'affection. Il demandait à tous d'envoyer leurs enfants à l'Ecole du dimanche et d'assister à ses conférences du dimanche soir dans une petite pièce qu'il louait, au-dessus d'une boutique de peinture, dans le Circular Building, au coin des rues de Portland et des Amis. Il se rendait compte de la misère noire des immigrants et des ravages que faisait l'alcool dans leur vie de famille. Il rencontrait des enfants que l'on envoyait voler ou se prostituer, ainsi que des veuves affamées et de vieux invalides.

Le nombre de familles qu'il visitait et aidait grossit rapidement. L’AUA récolta 2 000 dollars pour construire une nouvelle chapelle à Friend street en 1828 et une seconde à Pitts street en 1834. L'Ecole du dimanche était en plein essor. En 1836, lorsque Charles Barnard ouvrit une nouvelle chapelle pour les enfants ceux-ci étaient plus de 730.

Tuckerman se rendit vite compte que la mauvaise organisation des Eglises de Boston demandait une administration centralisée. La Fraternité bénévole "Ben Frat's" en prit la responsabilité et son activité pastorale put se développer. A la fin du XIXème siècle on comptait cinq chapelles, chacune ayant son propre pasteur, des écoles, un camp d'été et un centre de formation professionnelle.

A partir de 1832 la santé de Tuckermann commença à décliner ; deux pasteurs, les révérends Frederick T. Gray et Charles Barnard vinrent le seconder, mais sa santé demeurait fragile. En 1833 il partit en Angleterre pour se reposer ; là il noua amitié avec Lady Byron et Raja Rammohun Roy, réformateur hindou et fondateur du Brahmo Sama [un mouvement bouddhiste libéral]

Tout au cours de son ministère il plaida pour des réformes sociales et politiques. Il ne considérait pas l'alcoolisme comme une maladie , ni une faute morale mais proposait un traitement éducatif aidant à limiter les excès plutôt qu'une punition. Il demandait qu'on emploie des surveillants afin de s'assurer que les enfants allaient bien en classe. Il insistait pour que les enfants délinquants n'aient pas à être jugés, mais envoyés dans des fermes. Il faisait partie d'un groupe de pression pour la réforme des prisons et la création d'un programme éducatif dans les institutions pénales. Il a aidé à l'établissement de la ferme école de Thompson's Island. Il visitait les prisons et maisons de correction et s'occupait de la réinsertion des prisonniers libérés.

Il pensait que seule la charité chrétienne, nécessairement volontaire et privée, pouvait résoudre correctement le problème de la pauvreté à Boston. Il avait conclu de ses études sur les programmes gouvernementaux de France et d'Angleterre que ceux-ci ne faisaient qu'accroître la pauvreté. Donc il faisait pression contre et aurait voulu voir l'abolition de la charité municipale et d'Etat ; mais en cela il n'eut aucun succès.

Les écrits les plus importants de Tuckerman se trouvent dans les rapports concernant son travail ; on en trouve des extraits dans : "Joseph Tucckerman on the Elevation of the Poor" (paru en 1874). Il écrivit lui-même "The Principles and Results of the Ministry -at-Large in Boston", un résumé de son travail, à la fin de son ministère en 1838.

Dans les années 1830, son état de santé empira. Des amis lui conseillèrent un voyage en bateau à Cuba avec sa fille. Tuckerman fut enchanté d’y partir mais, peu après son arrivée, il mourut à La Havane.

D’après un article de Jedediah Mannis, paru sur le site de l’Unitarian Universalit Historical Society. 
Traduit en français et résumé par Noëlle Colle

Jeudi 24 juillet 2008 4 24 /07 /Juil /2008 13:00
- Par d'après Jedediah Mannis - Publié dans : sur l'unitarisme - Communauté : Religions en toute liberté
Oberwesel--Fulgence-et-Jill-McAllister--2---PB061264--r--duit----20-.JPG Jill K. McAllister (ex-présidente de l'ICCU et ministre du culte de San Jose People's Church à Kalamazo dans le Michigan, USA) et Fulgence Ndagijimana (président de l'Assemblée des chrétiens unitariens du Burundi) à la rencontre internationale de l'ICUU à Oberwesel en novembre 2007.
 
photo Jean-Claude Barbier



Andrew M. Hill, Jill K. McAllister, Clifford M. Reed, 2002, A Global Conversation ; Unitarian / Universalism at the Dawn of the 21st Century, / Une conversation globale à propos des unitariens et de l’universalsime au début du 21ème siècle, ICUU, Prague, 384 p. (actes du 1er symposium de théologique de l’ICUU, tenu au collège Harris Manchester à Oxford, en Angleterre, du 25 au 30 juin 2001).

Préface 
de Jill McAllister, présidente de l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU)

I –Opening Session : 
Clifford Reed pour le discours (p. 2), Peter Hewis (chapelain du collège Harris Manchester) pour le culte (p. 9)

II – The Unitarian and Universalist World 1901-2001 : 
Seven Strands, Andrew Hill (p. 14), Attendance at 1901 Conference, Andrew Hill (p. 18), The Unitarian and Universalist World 2001, David Usher (p. 24).

III – Principal Speakers (communiquants) : 
At the Dawn of the New Century : The Canadian Contribution to the International Unitarian and Universalist Picture, Phillip Hewett (p. 36), Transylvanian Unitarian Theology at the Dawn of the New Century, Elek Rezi (p. 59), The Future of British Unitarianism, George Chryssides (p. 72), Roads for Traveling Souls : Unitarian Universalist Theology in the U.S., Rebecca Parker (p. 100), Unitarianism in North East India at the Dawn of the Twenty-First Century, Pearl Green Marbaniang (p. 127), Unitarian Theology in India, Plielad Lyngdoh (p. 156), The Spiritual Life of Unitarian Universalists, Lost and Found, Thandeka (p. 163).

IV – Additional Contributions : 
Czech Republic (p. 196), European Unitarian Universalists (p. 203), Finland (p. 207), Germany (p. 218), Hungary (p. 221), India (p. 228), Nigeria (p. 231), Pakistan (p. 242), Poland (p. 249), Romania (p. 264), Russia (p. 266), South Africa (p. 272), United Kingdom (p. 275), United States of America (p. 282).

V – Reviews and Conclusions by Principal Speakers.
Review : John Lidgley (p. 288), Rebecca Parker (p. 289), Philip Hewett (p. 291), Pearl Green Marbariang (p. 293), Thandeka (p. 294) ; Conclusions : Pearl Green Marbaniang (p. 297), Philip Hewett (p. 299), Thandeka (p. 301), Rebecca Parker (p. 301), John Midgley (p. 304)

VI – Worship Service : 
Worship Service, Rev. John Midgley (p. 310) ; In Search of a Spiritual Dual Citizenship, Rev. John Midgley (p. 317).

Appendices : 
symposium participants avec photos (25-30 juin 2001 à Oxford, et 30 mai-1er juin 1901 à Oxford) (p.328), Ordre du jour en 2001 (p. 332), présentation de l’ICUU, (p. 337), Index (p. 340)

Mardi 13 novembre 2007 2 13 /11 /Nov /2007 15:04
- Par Barbier Jean-Claude - Publié dans : sur l'unitarisme
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